Les 40 présélectionnés
Concours du Meilleur Caviste de France 2026
La phase de présélection s’est terminée le 18 mai, découvrez les 40 cavistes sélectionnés pour les phases finales, qui auront lieu les 25 et 26 octobre 2026 !
ALSACE
Maxime Paon (Hopla Vins, 68 Munster)
Anne Cochepin (Pépites de Vin, 67 Bischwiller)
AQUITAINE
Nicolas Rumeau (Le Bouchon de Maremne, 40 Bénesse-Maremne)
Yannick Chevallier (Cave Codex, 33 Bègles)
Hugo Boyer (Cave des Carmes, 33 Langon)
Anaïs Bouyssie (Au Gré des Vins, 33 Andernos-les-Bains) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
BOURGOGNE
Benoît Laly (Cave Laly, 71 Autun)
Édouard Chauvin (Intercaves, 58 Cosne-sur-Loire)
Matthieu Jacquesson (La Cave Saint Pierre, 71 Mâcon) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
BRETAGNE
Argan Lanoë (Les Caves du Pélican, 22 Lannion) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Vincent Briend (La Cave du Vincin, 56 Vannes)
CHAMPAGNE–ARDENNE
Éric Fevre (Millésimes et Saveurs, 51 Reims)
Pascal Maillart (Vinothèque de Troyes, 10 Troyes)
HAUTS-DE-FRANCE
Maxime Pavageau (La Cave, 59 Wasquehal) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Aurélien Chutaux (Les Vins d’Aurélien, 59 Lille)
Thomas Vanheeckhoet (La Cave, 59 Wasquehal)
Philippe Errot (Intercaves, 59 Marly)
ÎLE-DE-FRANCE (HORS PARIS)
Schon Maharaj (Cémiyon, 78 Saint-Germain-en-Laye)
Sébastien Estivie (La Vignery, 77 Servon)
Mathias Lefèvre (La Vignery, 78 Rambouillet) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Perrine Novat (La Vignery, 78 Rambouillet)
Mathieu Pierantoni (La Vignery, 78 Rambouillet)
Nicolas Lecomte (La Vignery, 91 Villabé) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Adrien Delivré (Vinomancie, 95 Luzarches)
LIMOUSIN
Olivier Leydier (Les Vins d’Olivier, 19 Saint-Pantaléon-de-Larche)
MIDI-PYRÉNÉES
Julian Pallaruelo (Des Bouchons, 31 Toulouse)
NORMANDIE
Marc Pottier (Cave Henri IV, 61 Argentan) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Jean-Claude Bonar (Le Caveau Normand, 14 Ouistreham)
PAYS-DE-LOIRE
Thierry Berson (Atout Vins, 49 Doué-la-Fontaine)
Pierre Leleu (Maison Liquide, 44 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Émilie Lecomte (Soif de Terroir, 49 Durtal)
PARIS
Serge Colin (Le Repaire de Bacchus, Paris 18e)
Vincent Mouterde (Cave Moment Divin, Paris 15e) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
PROVENCE
Benjamin Holvoet (BenjaVin, 83 Le Cannet-des-Maures)
Olivier Marotte (De la Vigne à l’Olivier, 13 Lambesc)
RHÔNE-ALPES
Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, 26 Chabeuil)
Pierre-Emmanuel Feillens (Guyot, 01 Viriat)
Noé Botton (Intercaves, 42 Villerest) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Sylvain Roche (Les Vins de Sylvain et autres Merveilles, 42 Roanne)
Benoit Trottet (Vins Duvernay, 74 Annemasse)
PORTRAITS
Découvrez les témoignages des candidats sélectionnés pour les phases finales :
Aurélien Chutaux (Les vins d'Aurélien, Lille)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste parce que le vin est bien plus qu’une simple boisson. C’est un produit vivant qui raconte une histoire, celle d’un terroir, d’un climat et, surtout, celle des femmes et des hommes qui le façonnent. J’aime cette idée qu’une bouteille puisse créer du lien, susciter une émotion, accompagner un moment important ou simplement un repas entre amis. Être caviste, c’est faire découvrir ces histoires, transmettre une passion et aider chacun à trouver le flacon qui lui conviendra. Au fond, ce qui m’anime, c’est le plaisir du partage. Le vin est un formidable prétexte à la rencontre, à la convivialité et à la découverte. C’est cette dimension humaine qui m’a donné envie d’en faire mon métier.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je souhaite participer au CMCF pour me challenger et sortir de ma zone de confort. Ce concours représente une formidable occasion de mesurer mes connaissances, d’approfondir ma maîtrise du vin et de continuer à apprendre. Il est évident que l’on n’a jamais fini de s’instruire dans le monde du vin. Participer à cette compétition est une façon de nourrir cette curiosité. Il s’agit d’ailleurs de ma cinquième sélection aux phases finales du CMCF. Au-delà du résultat, cette expérience est à chaque fois une superbe opportunité de rencontres et d’échanges avec mes collègues cavistes.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste ne vend pas du vin : il crée des rencontres. Entre une bouteille et une personne, entre le travail d’un vigneron et l’émotion d’un dégustateur. Sa mission est d’écouter, de transmettre et de conseiller avec sincérité.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon plus beau souvenir n’est pas une bouteille exceptionnelle ou une dégustation prestigieuse. C’est quand un client revient quelques jours ou semaines plus tard pour me dire : « Le vin que vous m’avez conseillé était top, on a passé un bon moment. » C’est un bonheur simple, mais c’est sans doute la plus belle récompense du métier. À cet instant, on sait qu’on n’a pas seulement vendu une bouteille, on a contribué à sublimer un moment.
Si vous étiez un vin…
Un magnum, parce que c’est un excellent format à partager.
Si vous étiez un spiritueux…
Un armagnac… je préfère la profondeur à la mode.
Si vous n’étiez pas caviste…
Libraire indépendant : un métier de passion où l’écoute, le conseil et le lien humain sont très importants. Tout comme le métier de caviste.
Schon Maharaj (Cémiyon, Saint-Germain-en-Laye)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
J’étais assistant de professeur d’anglais dans un lycée et je donnais des cours particuliers d’anglais depuis 2017 quand je suis arrivé en France. Mais ce qui me passionnait le plus en France, c’était la gastronomie et la place donnée à la création et l’innovation. Après un petit parcours CAP cuisine pendant la Covid, j’ai basculé vers le WSET 3 – après un test d’admission, n’ayant pas passé les WSET 1 et 2. J’ai été admis et l’aventure commença ! Tout d’abord, j’ai beaucoup appris sur les climats de Bourgogne et leurs nuances, avant ma rencontre avec Jules (Deloffre, ndlr) et la cave Cémiyon, et son affection particulière pour les vins du Languedoc-Roussillon, un baptême du feu !
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Avant tout, la validation de mes compétences et de mes connaissances, ayant commencé l’aventure du vin il y a quatre ans seulement et n’étant arrivé en France que depuis neuf ans. J’aime aussi le défi du concours et la façon dont ce dernier nous propulse et nous permet de devenir la meilleure version de nous-même. Et surtout, la mise en lumière d’un commerce d’artisans du vin : la cave Cémiyon à Saint-Germain-en-Laye, gérée et orchestrée depuis plusieurs années par Jules Deloffre. Une cave indépendante et engagée, portée par la sélection, la connaissance et le conseil. Aucune bouteille n’est choisie par hasard : chaque vin est dégusté, compris et sélectionné pour ce qu’il exprime. Nous aimons avoir cette approche humaine et décomplexée du vin et partager des moments de convivialité avec nos clients. Aux côtés de Jules, je peux développer mon apprentissage du monde « viti-œno » au quotidien et devenir un ambassadeur du vin qui aime transmettre et partager avec ses clients. Et grâce à sa confiance, j’ai aussi pu me préparer et me sentir soutenu pour passer le concours une seconde fois.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est interprète. Il doit interpréter le terroir, les vignes, l’esprit du domaine, la dégustation… Il doit aussi interpréter l’esprit, la volonté, les envies ou besoins du client, tout en ayant une vue sur le marché actuel. Il est pédagogue, il transmet son savoir sans cesser d’apprendre et adapte sa méthodologie à chaque interaction sans pour autant perdre sa façon d’être, puisqu’un bon caviste est aussi comme un bon vin : plein de caractère ou subtil et nuancé, il est bourré de qualités ! Et finalement, pour moi, un bon caviste est « œnanthropologue » (oui, je viens de créer ce terme !). C’est un amoureux des humains et des vins, et par sa passion, il les étudie et partage ce qu’il découvre pendant son parcours.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Le CMCF 2024 – un week-end tout simplement inoubliable rempli d’expériences, de rencontres et de découvertes. Hors concours, aller dans les vignobles, à la rencontre des passionnés ont été des moments rares d’apprentissage et de découverte. On approfondit ses connaissances, on découvre différentes approches concernant les vins, ce qui nous permet d’améliorer nos interactions en boutique. On échange nos idées, nos expériences et nos points de vue sur tant de choses différentes…
Si vous étiez un vin…
La question qui m’a fait le plus réfléchir ! Après une longue introspection, la réponse me semble maintenant simple et logique : je serais un grand bourgogne rouge de la côte de Nuits, un grand rouge encore peu connu, venant d’un domaine plein d’énergie et de force, qui deviendra une star. Un vin qui n’est pas tout le temps dans les attentes des autres, même si charmeur au premier abord, mais qui apporte beaucoup avec un peu de recul. Il faut juste bien le laisser s’ouvrir. Un grand vin de garde, pas le plus reconnu, mais celui dont la dégustation ne s’oublie jamais. Je ne peux choisir ni un domaine ni un vin en particulier, il y en a tant !
Si vous étiez un spiritueux…
Kill Devil Trinidad 24 ans Hunter Laing, distillé en 1991– non seulement de mon millésime et mon pays de naissance, mais aussi un fût unique d’une grande complexité – des arômes de fruits, des épices douces, des notes empyreumatiques et minérales, des touches fumées et cacaotées. En bouche, il est puissant, ample, gourmand, profond, avec une jolie persistance, le tout avec un équilibre sublime.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais à la fois chef de cuisine et sommelier-caviste dans un micro-resto-bar à vins où la carte changerait souvent. Je confectionnerais des plats selon mon humeur et les produits de saison, et je proposerais des accords mets et boissons uniques – je ne m’ennuierais jamais !
Olivier Marotte (De la Vigne à l’Olivier, Lambesc)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Étudiant en chimie, un ami de promotion apporte une bouteille de châteauneuf-du-pape rouge « empruntée » dans la cave de son beau-père. Le flacon terminé, une phrase se loge dans mon esprit : « Un jour, je travaillerai dans le monde du vin. » Après 15 ans d’activité en chimie, j’ouvre ma cave en juin 2011 – même date de démarrage que Cavistes and Co ! Ces 15 années m’ont permis de découvrir le monde du vin, les vignobles, la dégustation…
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
J’ai décidé de participer au CMCF pour la première fois lors de l’édition 2024. En tant qu’autodidacte, je souhaitais situer mon niveau de connaissance du vin et du métier de caviste. Étant parvenu au stade des demi-finales en 2024, la volonté d’aller encore plus loin dans le concours m’a incité à m’inscrire à l’édition 2026.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
La qualité essentielle d’un caviste est la capacité à écouter : écouter le besoin du client, puis le questionner afin de le conseiller au mieux, écouter les évolutions des tendances de consommation. Le caviste doit aussi adopter un discours simple et clair de manière que ses paroles soient comprises par tous les clients. Le vin, les spiritueux de qualité, ne doivent pas être perçus comme des produits élitistes. Prendre du plaisir à la dégustation, c’est l’essentiel, appréhender tout ce qui se passe en amont de la mise en bouteille constitue seulement un plus. Le discours du caviste sera d’autant plus clair qu’il aura une connaissance précise des breuvages qu’il propose.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y a quelques mois, une cliente de la première heure vient acheter une très bonne bouteille de champagne comme elle le fait régulièrement. Sauf que cette fois-ci, c’est pour fêter ses 100 ans ! C’est émouvant. J’ai eu un grand plaisir à lui offrir de quoi compléter son apéritif du centenaire !
Si vous étiez un vin…
La madeleine de Proust, comme écho à la première question : un châteauneuf-du-pape rouge. C’est un vin qui a marqué ma mémoire sensorielle. La générosité et la fougue sudiste dans un gant de velours. J’apprécie particulièrement les grenaches issus de sols sableux, sur l’élégance et la finesse.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum. Je relie toujours cette boisson à l’imaginaire de la gaieté, du soleil, des décors tropicaux, de l’insouciance.
Si vous n’étiez pas caviste…
Chimiste dans la protection de l’environnement, ma formation universitaire et mon premier métier.
Anne Cochepin (Pépites de Vin, Bischwiller)
Comment et pourquoi êtes-vous devenue caviste ?
Je ne suis pas issue du milieu viticole, mais mon père, amateur passionné, m’a fait découvrir le vin. Après une formation scientifique, j’ai souhaité en apprendre plus et j’ai passé le diplôme national d’œnologue. De retour en Alsace, j’ai effectué un stage chez un caviste réputé de Strasbourg et, depuis, je n’ai jamais cessé de faire ce métier. Cela fait 31 ans cette année, pour mon plus grand plaisir ! D’abord salariée, j’ai créé ma cave il y a 8 ans, où je peux donner toute liberté à mes choix
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Nous autres, cavistes, avons la chance d’exercer un métier de passion, enrichissant au possible et où l’on apprend chaque jour. Ce concours est pour moi un défi personnel et professionnel, entre la peur et l’envie de me mesurer à tous ces bons cavistes. Et puis, intégrer chaque jour un peu plus de connaissances me permettra de transmettre encore plus à mes clients
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste doit d’abord savoir faire passer une émotion à son client lorsqu’il vend une bouteille. Évidemment, il y a la sélection par la dégustation systématique de tout produit, la pertinence des choix et des accords, l’écoute, l’adaptabilité (aux goûts et aux budgets), le service, trouver le mouton à cinq pattes… Mais quand on vend un vin (ou un spiritueux), on propose aussi un moment, du partage, des discussions, des coups de cœur inexplicables, des chuchotements et des éclats de rire.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’en ai deux, totalement différents : l’ouverture de ma cave en mai 2018 et, en 1996, une visite accompagnée d’une dégustation au Domaine de la Romanée-Conti…
Si vous étiez un vin…
Un crémant d’Alsace Breit blanc de blancs extra brut de Mélanie Pfister, pour l’équilibre entre la rondeur des bulles et le côté vif de l’extra brut.
Si vous étiez un spiritueux…
Une chartreuse verte VEP, parce que je suis la plus vieille des femmes participant à cette phase finale.
Si vous n’étiez pas caviste…
Professeur.
Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, Chabeuil)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Ma formation initiale ne me prédestinait absolument pas au métier de caviste, et pourtant…
Originaire de Bourgogne, plus précisément de la région chablisienne, j’ai grandi dans une culture du bien vivre : bien manger, bien boire, partager et profiter de moments conviviaux. Très naturellement, je me suis passionné pour le vin et pour tout l’univers qui l’entoure.
Au fil de mes expériences professionnelles, j’ai commencé à créer des clubs de dégustation au sein des différentes entreprises dans lesquelles j’évoluais. J’organisais également des dégustations et des sélections directement chez les vignerons, partout en France. Ce qui n’était au départ qu’une passion a progressivement pris une place de plus en plus importante dans ma vie.
Puis est venu le moment où le monde de l’entreprise ne correspondait plus à mes valeurs. Les méthodes de management et le manque d’humanité que j’y retrouvais m’ont poussé à envisager une reconversion.
En 2008-2009, je décide donc de changer de voie. Je me forme à l’Université du vin en 2009, rédige mon projet et démarre mon activité professionnelle autour du vin en 2010.
À cette époque, je ne souhaitais pas devenir caviste. Mon idée était avant tout d’animer des dégustations pour des particuliers, des associations et des entreprises. L’activité fonctionne rapidement très bien, mais une question revenait sans cesse après les dégustations : « Comment peut-on se procurer les vins dégustés ? »
Petit à petit, je me suis retrouvé entraîné dans une dynamique où il ne suffisait plus seulement de faire découvrir les vins, mais aussi de les proposer à la vente. C’est ainsi qu’est née l’idée d’ouvrir une cave.
Vinothentik ouvrira finalement ses portes en 2011.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le concours du Meilleur Caviste de France représente avant tout un défi personnel. Une manière de me remettre en question, de mesurer mes connaissances, mes compétences et de continuer à progresser dans un métier où l’on n’a jamais fini d’apprendre.
Depuis l’enfance, ma vie a toujours été rythmée par les défis et l’esprit de compétition. Au collège déjà, je participais au concours de mathématiques du meilleur collégien de France. J’ai également connu une période très sportive, du collège jusqu’à la fin du lycée, avec de nombreuses compétitions d’athlétisme, de course à pied et de handball. J’ai toujours eu ce besoin de me confronter aux autres, quel que soit le domaine, non pas uniquement pour gagner, mais surtout pour apprendre, progresser et repousser mes limites.
Le concours du Meilleur Caviste de France s’est donc imposé assez naturellement.
Lorsque je me suis inscrit pour la première fois, en 2014, je n’avais pourtant pas le sentiment d’avoir une réelle légitimité dans le métier. J’étais encore relativement jeune dans la profession et issu d’un parcours atypique, loin des chemins traditionnels du monde du vin. Mais, justement, ce concours représentait pour moi une formidable opportunité de tester mes acquis, de sortir de ma zone de confort et de me mesurer aux meilleurs professionnels du secteur.
Au fil des années, cette aventure est devenue bien plus qu’une compétition. C’est un moteur de progression permanent. Le concours m’oblige à rester curieux, à approfondir sans cesse mes connaissances, non seulement sur les vins, les spiritueux, les terroirs, la gastronomie, mais aussi sur le service, la dégustation et l’ensemble de notre métier de caviste.
C’est aussi une expérience humaine très forte, faite de rencontres, d’échanges et de respect entre passionnés. Participer au CMCF, c’est finalement défendre une certaine vision du métier : celle d’un caviste passionné, exigeant, curieux et profondément engagé dans le partage et la transmission.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est avant tout quelqu’un qui cherche à surprendre. Quelqu’un qui va dénicher des produits peu connus, parfois totalement confidentiels, plutôt que de se contenter des standards que l’on retrouve partout. Un bon caviste reste fidèle à l’ADN de sa sélection et à sa propre vision du goût. Il ne suit pas simplement les tendances ou les étiquettes à la mode : il défend des vins, des spiritueux et des produits auxquels il croit réellement.
Un bon caviste sait proposer des alternatives aux grands noms. Il doit être capable de faire découvrir à ses clients des domaines d’artisans, des vignerons passionnés, des terroirs méconnus et des cuvées qui méritent d’être mises en lumière.
La sélection est essentielle. Un bon caviste choisit lui-même tous les produits qu’il propose, sans exception. Il les déguste, les comprend et les assume pleinement. On ne peut pas défendre sincèrement une bouteille que l’on ne connaît pas.
Mais le métier ne s’arrête pas à la sélection. Un bon caviste doit aussi savoir écouter et comprendre ses clients. Il doit être capable de faire sortir quelqu’un de ses habitudes, de convaincre un amateur exclusif de rosé d’essayer un rouge léger, frais et digeste, ou encore de faire découvrir des styles de vins auxquels le client n’aurait jamais pensé.
Chaque bouteille doit raconter une histoire : celle d’un vigneron, d’un terroir, d’un cépage, d’un millésime ou d’une philosophie de travail. Le rôle du caviste est aussi de transmettre cette histoire et de créer du lien entre le producteur et le consommateur.
Un bon caviste doit également maîtriser les accords mets et vins, qu’ils soient classiques, originaux ou plus audacieux. Il doit pouvoir accompagner aussi bien un repas gastronomique qu’un moment simple entre amis.
Un bon caviste doit aussi savoir faire vivre sa cave. Une cave ne doit pas être uniquement un lieu de vente, mais un lieu d’échange, de découverte et de convivialité. Organiser régulièrement des dégustations, des initiations à la dégustation, des repas accords mets et vins, des rencontres avec les vignerons ou encore des soirées thématiques, permet de créer du lien avec les clients et de transmettre sa passion autrement qu’à travers une simple bouteille.
Mais, être un bon caviste, ce n’est pas uniquement avoir un nez, un palais et des connaissances. C’est aussi être un bon gestionnaire. Il faut savoir maîtriser ses stocks, acheter intelligemment, gérer ses budgets, suivre sa comptabilité et assurer l’équilibre économique de son entreprise. Une belle sélection ne suffit pas si elle n’est pas portée par une gestion saine et cohérente.
Enfin, un bon caviste doit toujours garder en tête la notion de rapport qualité-prix. Il doit pouvoir se dire honnêtement : « Est-ce que moi-même, en tant que client, j’achèterais ce produit au prix auquel je le propose ? » Cette exigence est fondamentale.
Au fond, un bon caviste ne vend pas des étiquettes : il défend des vins, des spiritueux, des produits et surtout les femmes et les hommes qui les élaborent. Il travaille souvent avec des vignerons artisans qui savent faire du vin, mais qui ne sont pas toujours les meilleurs pour le commercialiser. Le caviste devient alors un véritable relais, presque un ambassadeur, de leur travail et de leur passion.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il est très compliqué de répondre à une telle question tant les souvenirs marquants sont nombreux après plus de 16 ans dans ce métier.
Mais ce qui me touche probablement le plus, c’est d’avoir suscité des vocations et changé le regard de certaines personnes sur le vin. À travers les dégustations, les échanges et la transmission, de manière simple, accessible et pédagogique, j’ai eu la chance d’accompagner des personnes qui, au départ, ne connaissaient absolument pas le vin ou avaient beaucoup d’a priori.
Voir aujourd’hui certains de ces passionnés vouloir travailler dans le domaine du vin est sans doute l’une de mes plus grandes fiertés. Cela donne du sens à tout ce travail de transmission et de partage qui, pour moi, est une part essentielle du métier de caviste.
Si vous étiez un vin…
Un chenin de Loire sec sans aucune hésitation, un jasnières en Melchisédech.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum vieux de Guadeloupe de la distillerie Montebello.
Si vous n’étiez pas caviste…
Photographe de reportage.
Hugo Boyer (Cave des Carmes, Langon)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
C’est un concours de circonstances. J’étais un élève moyen, sans véritable appétence scolaire ni profil suffisamment marqué pour envisager sereinement un cursus général. Je me suis alors tourné vers une excellente école de viticulture œnologie voisine, où des professeurs passionnés m’ont réellement guidé et initié, notamment à travers la dégustation à l’aveugle. Après dix premières années professionnelles orientées vers la production, enrichies par de nombreuses dégustations, j’ai décidé de créer en 2017 un bar à vins dans le centre-ville de Langon. Je l’ai développé pendant sept ans avant de le revendre. Dans le même temps, afin de compléter cette activité, j’ai repris la Cave des Carmes en 2021. Depuis, avec mon associé Rémi, nous y développons une sélection riche, diverse, et surtout authentique.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Parce que j’ai toujours eu l’esprit de compétition, d’abord dans le sport durant ma jeunesse, puis dans mon parcours professionnel. Je suis convaincu que ce type de distinction joue un rôle important dans notre métier : elle permet de gagner en visibilité, de renforcer sa crédibilité, de développer son activité et de créer des liens avec des confrères dont les compétences dépassent largement les nôtres. Au-delà de l’aspect compétitif, ces épreuves rappellent une réalité essentielle : la réussite ne se construit jamais seul. Elles sont aussi une formidable source de motivation. La préparation à ce concours me pousse à approfondir mes connaissances et à réviser bien davantage que je ne l’aurais fait, avec la volonté d’être à la hauteur du prestige et de l’exigence que représente cette épreuve.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est avant tout une personne qui se remet constamment en question. C’est quelqu’un de curieux, d’humble, de passionné et de généreux, qui enrichit chaque jour ses connaissances afin d’offrir un conseil sincère, pertinent et authentique. C’est aussi un professionnel qui prend le temps d’aller à la rencontre des vignerons et producteurs pour comprendre leur travail, leur philosophie et l’histoire de leurs vins, afin de donner du sens à chaque bouteille qu’il propose. Il ne cesse jamais d’apprendre et reste attentif aux attentes de sa clientèle, car la qualité du conseil naît autant de la connaissance du produit que de l’écoute de celui qui le dégustera. Mais pour prospérer, un caviste doit faire preuve de lucidité dans sa gestion, rester en alerte permanente sur les évolutions réglementaires et les nouvelles attentes du marché, afin d’anticiper les changements et assurer la pérennité de son activité face aux contraintes économiques actuelles.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Le retour et la satisfaction de notre clientèle sont une source de motivation quotidienne. Pourtant, s’il est un souvenir de dégustation qui demeure gravé dans ma mémoire, c’est celui vécu à la Bodega Vega Sicilia en 2008, alors que nous n’étions encore que de jeunes dégustateurs. Je me souviens de cet instant où le Valbuena 2005 nous fut servi dans l’immensité d’une salle majestueuse. Dès les premiers arômes, puis à la première gorgée, le vin révéla une profondeur, une intensité et une émotion rares. Ce fut bien plus qu’une grande dégustation : un moment suspendu, où la grandeur du vin se mêla à celle de l’inexpérience que nous cultivions. Un souvenir indélébile, scellé à jamais dans ma mémoire de dégustateur.
Si vous étiez un vin…
C’est une question difficile… Un gamay, pour la spontanéité de son fruit et sa remarquable capacité à révéler l’essence du terroir dont il est issu. C’est un cépage à la fois profond, délicat et gourmand, dont la versatilité me séduit particulièrement. Capable d’accompagner les moments les plus festifs comme les instants de méditation, il sait se montrer accessible tout en offrant une réelle profondeur dans ses expressions les plus abouties. Je pense notamment à la cuvée Chaos de Yann Bertrand, sur le millésime 2019, partagée avec mon père sur une terrasse, à refaire le monde.
Si vous étiez un spiritueux…
Encore une question exigeante tant les émotions procurées par les spiritueux que nous proposons à la cave sont nombreuses et variées. Mon cœur penche toutefois vers une région de production qui m’est chère. Sans doute aussi parce que mon passé dans la production viticole me rend particulièrement sensible aux difficultés que traverse aujourd’hui la filière vin. Je choisirais donc l’armagnac, et plus particulièrement les eaux de-vie de la maison Dartigalongue. J’apprécie le fait que cette maison historique maîtrise son métier avec une grande exigence, tout en conservant l’esprit familial. Les armagnacs qu’elle élabore se distinguent par leur équilibre, leur souplesse, leur densité aromatique et leur grande délicatesse. Je pense notamment à un millésime 1976 dégusté l’an dernier. Ce fut une expérience marquante. Une texture d’une onctuosité extrême, des arômes d’une profondeur fascinante. Un grand moment de dégustation qui rappelle pourquoi l’armagnac demeure l’un des plus grands trésors du patrimoine spiritueux français.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais sans doute producteur de musique. L’univers musical m’a toujours fasciné, et révéler un grand artiste aux oreilles du monde me semblerait aussi gratifiant que de faire découvrir un grand vin, né d’un cépage façonné par son terroir puis sublimé par la main de l’homme. Au fond, ces deux univers se rejoignent : ils racontent une histoire, transmettent une émotion et cherchent à toucher quelque chose de profondément humain. Je crois avoir besoin de nourrir et de stimuler mes sens pour m’épanouir pleinement. C’est dans cette quête permanente de découvertes, d’émotions et de beauté que je trouve mon équilibre.
Nicolas Rumeau (Le Bouchon de Maremne, Bénesse-Maremne)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste pour transmettre et être la parole des vignerons et vigneronnes, et celle de tout ce qui fait plaisir au palais et provoque des rencontres et des conversations pour refaire le monde.
Défendre et mettre en avant le talent, l’histoire, la culture et l’humain de nos artisans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Pour plusieurs choses :
– permettre de faire connaître le travail effectué au Bouchon de Maremne par Matthieu Cambon et l’esprit de ce lieu, de ce qu’il procure aux gens qui y viennent, pas seulement pour acheter une bouteille, mais pour se sentir comme à la maison ;
– s’adapter à la conjoncture actuelle et pérenniser ce fabuleux monde ;
– pour remercier ma famille de leur soutien en m’engageant ;
– par pur plaisir ;
– par passion ;
– pour rendre accessible un monde aux apparences complexes.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un résumé de ce que j’ai pu dire auparavant, mais surtout avoir le sourire, la patience, l’écoute sincère, des compétences d’organisation et de commerce, une fibre créative pour développer l’activité et fidéliser, attirer, être ouvert d’esprit sur le monde d’hier et d’aujourd’hui, être curieux et passionné.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
S’il n’y en avait qu’un seul… Ce sont souvent les moments de partage avec les clients, les collègues et les vignerons.
Allez, un seul, compliqué : une dame d’un certain âge entre dans la cave et la discussion s’installe après quelques minutes de vagabondage entre les rayons. Des souvenirs s’échangent et les générations aussi… Je n’ai plus le souvenir de la bouteille qui est partie ce jour-là, mais du moment.
Si vous étiez un vin…
Un Fonsalette syrah 2001, un souvenir impérissable et une balade de mélancolie à travers la forêt. Un instant suspendu.
Ou plus simplement, un savagnin, ça fait toujours du bien. Ouillé ou non.
Si vous étiez un spiritueux…
Une Chartreuse de Tarragone.
Si vous n’étiez pas caviste…
Ébéniste, océanographe ou garde de parc naturel.
Mathieu Pierantoni (La Vignery, Rambouillet)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Sommelier de formation, je me suis tourné vers le métier de caviste pour une raison : « Nous n’avons pas le même maillot, mais on a la même passion. » Et puis, en tant que caviste, le contact avec les clients(es) est bien plus simple, voire « copain-copain ».
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
J’ai pu découvrir le concours avec la victoire en 2020 de mes collègues et amis, Matthieu Potin et Julien Lepage. Deux ans plus tard, Julien m’a proposé de m’inscrire, il m’a bien vendu la chose. Et j’ai adoré replonger dans les bouquins, même si je me suis rendu compte que je m’étais trop reposé sur mes acquis depuis la fin de ma vie scolaire.
Cette édition sera ma troisième participation et c’est toujours un plaisir de revoir certains cavistes, découvrir les épreuves, même si, sur les deux dernières éditions, ça ne m’a pas mené bien loin.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste, c’est avant tout un amoureux des vins, spiritueux, bières….
Ensuite, bien sûr, il y a le relationnel. C’est sans doute le plus compliqué, puisque chaque client(e) est différent(e). Il faut donc savoir être un caméléon sur ce point.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Nous animons des ateliers dégustation sur différents thèmes toute l’année et j’avais eu l’idée de faire une soirée « 100% tourbé ». Les clients ont répondu présent et j’ai donc pu animer cet atelier. À la conclusion de cette soirée, les 25 clients présents se sont levés et ont applaudi. J’étais à des lieux d’imaginer avoir autant captivé l’assistance.
Si vous étiez un vin…
Sans hésitation, un côte-rôtie La Barbarine 1998 d’Yves et Mathilde Gangloff. Rien à voir avec mon caractère, c’est le premier côte-rôtie que j’ai pu déguster quand j’étais apprenti sommelier dans un Relais & Châteaux de la région de Fontainebleau et j’en suis tombé amoureux dès la première goutte. Cette couleur intense, profonde, la fraîcheur de la cerise noire croquante, juteuse, qui vient se fondre à un léger fumé, apporté par un élevage en barrique, qui se finit en notes poivrées sur la finale, MA-GI-QUE !
Si vous étiez un spiritueux…
Mon spiritueux, c’est le rhum… de la Martinique, évidemment. Plusieurs me viennent en tête mais j’irais sur le Trois Rivières Single Cask 2006 Missouri. Un pur jus de canne exceptionnel que j’ai pu déguster avec Daniel Baudin, maître de chais La Mauny – Trois Rivières et Meilleur maître de chai du monde en 2019. Une magnifique couleur caramel, un nez où, on ne s’y trompe pas, c’est un agricole et un grand. Les notes de coco torréfiées, de cannelle et un fini boisé, apportées par un élevage dans des fûts de chêne du Missouri ayant contenu du bourbon avant de subir une chauffe puissante, signature de Trois Rivières. Le chêne américain apporte du bois et de l’épice, pas de rondeur et de notes vanillées. Daniel a fait le choix de ne pas le filtrer, ce qui apporte de la matière en bouche, un velouté… c’est remarquable. Et la finale est interminable. J’ai eu la chance de déguster énormément de grands spiritueux, celui-ci est en tête de la course.
Si vous n’étiez pas caviste…
Sans doute moins heureux !!! Blague à part, je n’en ai aucune idée. Le métier de brand ambassador est en voie de disparition, mais je pense que c’est ce qui me correspondrait le mieux.
Jean-Claude Bonar (Le Caveau Normand, Ouistreham)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Après une carrière dans l’industrie automobile (ma première grande passion), je suis devenu caviste par choix il y a un peu moins de 11 ans pour assouvir une autre grande passion que j’avais depuis de nombreuses années pour le vin.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Concourir au CMCF, c’est pour moi un moyen d’être meilleur dans mon métier en enrichissant mes connaissances et en essayant jour après jour de progresser. Rien n’est jamais acquis ! C’est aussi un moyen de me jauger et d’apprendre au contact des autres concurrents.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Être un bon caviste c’est être avenant et souriant, être en mesure de bien conseiller ses clients, être à leur écoute et respecter leur budget.
C’est aussi sélectionner soi-même ses produits, bien les connaître pour pouvoir bien les vendre et, surtout, les apprécier : on ne vend bien que les produits que l’on aime ! C’est tisser des liens avec des producteurs, avec des femmes et des hommes, et être leur ambassadeur auprès des clients. C’est aussi savoir dénicher des pépites pour avoir une offre bien différenciée.
C’est enfin être un bon gestionnaire, car l’affaire doit être rentable.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Ma première participation à l’assemblée générale de la Fédération des cavistes indépendants. Cela s’est déroulé en Champagne, à Épernay. C’est un moment solennel mais aussi très convivial, un moment de partage.
Si vous étiez un vin…
Un châteauneuf-du-pape rouge. À la fois puissant, suave et élégant. Comme la cuvée XXL du Domaine de la Janasse !
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky, un Campbeltown single malt scotch whisky de la distillerie Springbank. La distillerie la plus artisanale d’Écosse, et qui possède sa propre malterie (pour le maltage de l’orge), ce qui n’existe pratiquement plus.
Si vous n’étiez pas caviste…
Ma formation scientifique m’aurait orienté vers le métier d’œnologue, une voie que j’aurais pu choisir si le grand Monsieur du vin, Jean-Michel Cazes, que j’ai eu l’honneur de connaître un peu, ne me l’avait pas déconseillé, car c’est un milieu dans lequel il est difficile de se faire une place.
Perrine Novat (La Vignery, Rambouillet)
Comment et pourquoi êtes-vous devenue caviste ?
Grands-parents bourguignons d’une part et grand-mère bordelaise de l’autre, le vin a toujours eu une place centrale dans les repas de famille ! En école de commerce, suite à un stage de vente réalisé chez un caviste en centre-ville, j’ai découvert la passion, le partage et la place du caviste dans les bons moments. J’ai adoré ! J’ai alors poursuivi mes études en me spécialisant en commerce des vins et spiritueux pour intégrer ensuite La Vignery en 2019.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Me challenger, bien sûr ! Tester mes connaissances et, surtout, apprendre encore et encore !
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est un caviste à l’écoute de ses clients. Il faut avant tout comprendre son besoin et ses goûts pour bien le conseiller. Et puis, dans un second temps, adapter son langage, ses connaissances en fonction de ce que l’on sait de lui. Le monde des vins et des spiritueux peut parfois être opaque pour certains et je me plais à le rendre accessible.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
La relation de confiance développée au fur et à mesure avec mes clients. Aujourd’hui, ils me font confiance.
Si vous étiez un vin…
La cuvée Victoria de la maison de champagne Joseph Perrier, un blanc de blancs millésimé 2010 et extra-brut. Pétillant, complexe, élégant.
Si vous étiez un spiritueux…
Un Ailsa Bay (mon whisky préféré). Whisky écossais des Lowlands, à 59°, légèrement tourbé, huileux et enveloppant.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je crois que j’aimerais tout de même partager ma passion du monde du vin et des spiritueux. Alors, formatrice ou dans l’événementiel dans ce même secteur.
Maxime Pavageau (La Cave, Wasquehal)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Passionné par le vin depuis mes études en hôtellerie, j’ai eu l’occasion d’effectuer un stage en sommellerie qui a confirmé mon intérêt pour cet univers. Par la suite, j’ai occupé un poste de responsable de bar pendant quatre ans. Cette expérience a été très enrichissante, mais je me suis progressivement rendu compte que le vin me manquait et que je souhaitais approfondir mes connaissances sur ce produit fascinant. Devenir caviste s’est alors imposé comme une évidence : c’était pour moi la meilleure façon d’allier passion, transmission et expertise.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Participer au Concours du Meilleur Caviste de France représente avant tout une opportunité de démontrer ma légitimité en tant que jeune caviste. C’est également l’occasion de mettre en avant la passion qui m’anime au quotidien ainsi que les compétences que j’ai développées au cours de ces quatre dernières années. Enfin, je souhaite profiter du rayonnement et de la notoriété de ce concours pour continuer à progresser, échanger avec les meilleurs professionnels du secteur et valoriser notre métier auprès du grand public.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est avant tout une personne à l’écoute de ses clients, capable de comprendre leurs attentes et de les accompagner avec sincérité dans leurs choix. C’est aussi un professionnel passionné, curieux des nouveautés et attentif aux histoires et aux valeurs portées par les vignerons. Mais, au-delà de la passion, un bon caviste doit également être un bon acheteur. Une cave est un lieu de partage et de découverte, mais c’est aussi un commerce qu’il faut savoir gérer avec rigueur pour assurer sa pérennité. L’équilibre entre passion, conseil et gestion est, selon moi, essentiel à ce métier.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon souvenir le plus marquant est sans aucun doute ma première période des fêtes de fin d’année en tant que caviste. Le magasin était rempli de clients, nous courions dans tous les sens et les journées étaient particulièrement intenses. Pourtant, je n’avais jamais été aussi heureux d’être à ma place. J’avais le sentiment de participer, à mon niveau, à la réussite des repas de Noël de mes clients. J’adorais échanger avec eux sur leurs menus, comprendre ce qu’ils allaient cuisiner et trouver les accords qui rendraient ces moments encore plus mémorables. C’est à ce moment-là que j’ai pleinement pris conscience de l’importance du conseil dans notre métier.
Si vous étiez un vin…
Je serais certainement un cabardès. C’est une appellation qui me ressemble par sa double influence. D’un côté, les cépages bordelais et l’influence océanique me rappellent les vins de Bordeaux que j’ai découverts avec mon père lors des repas de famille, ceux qui ont largement contribué à éveiller ma passion pour le vin. De l’autre, l’assemblage avec des cépages méridionaux, comme la syrah et le grenache, évoque la Drôme où je passe toutes mes vacances d’été, à Nyons. Je prends toujours beaucoup de plaisir à visiter des domaines et à découvrir de nouveaux vignerons. Le cabardès est également le premier véritable coup de cœur que j’ai eu en arrivant à la cave. C’est donc un vin qui réunit à la fois mes souvenirs, mes racines et ma passion.
Si vous étiez un spiritueux…
Sans hésiter, je serais un whisky tourbé. C’est par la tourbe que je suis entré dans l’univers du whisky. J’ai immédiatement été marqué par la puissance aromatique, la complexité et la longueur en bouche que ces whiskies peuvent offrir. J’apprécie également l’incroyable diversité de cette catégorie : chaque pays de production, chaque céréale utilisée et chaque type de vieillissement apporte sa propre identité. C’est un spiritueux qui ne cesse de surprendre et de faire découvrir de nouvelles facettes. Et puis, il y a ce côté chaleureux et convivial : rien ne vaut, selon moi, la dégustation d’un bon whisky près d’un feu de cheminée.
Si vous n’étiez pas caviste…
Si je n’étais pas caviste, je serais probablement chef de cuisine ou directeur de restaurant. La gastronomie a toujours occupé une place importante dans ma vie, notamment grâce à mon père qui m’a transmis cette passion. C’est d’ailleurs ce qui m’a conduit vers des études d’hôtellerie, avec un baccalauréat technologique puis un BTS dans ce domaine. J’aime découvrir toutes les cuisines, comprendre l’influence des ingrédients, des techniques et des modes de cuisson sur les saveurs. La cuisine offre un terrain de créativité presque infini, tout comme le vin. Finalement, ces deux univers sont intimement liés : un grand plat mérite toujours une belle bouteille pour le sublimer et c’est sans doute pour cela que je suis aujourd’hui caviste.
Vincent Briend (La Cave du Vincin, Vannes)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Mon histoire avec le vin a commencé très tôt. Dès l’âge de 17 ans, je travaillais les week-ends et pendant les vacances dans la restauration. C’est à cette période que j’ai commencé à m’intéresser au vin, avec l’envie de proposer aux clients les accords mets et vins les plus justes.
Cette curiosité s’est rapidement transformée en passion. J’ai alors décidé de me former en intégrant la formation d’apprenti conseiller caviste à la CCI du Morbihan. J’ai effectué mon apprentissage à la Cave de la Rocade à Pont-l’Abbé, avant de poursuivre mon parcours en sommellerie afin d’approfondir mes connaissances en accords mets et vins.
Par la suite, j’ai eu la chance d’exercer dans des caves de tailles et d’univers très différents, à Nantes puis dans le Bordelais. Chaque expérience a enrichi ma vision du métier et renforcé ma passion pour le vin, les terroirs et les femmes et les hommes qui les font vivre.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
À l’origine, tout est parti d’un pari entre copains. Un très bon ami caviste m’a mis au défi de m’inscrire avec lui, et j’ai accepté avec enthousiasme.
Après plus de vingt ans passés dans l’univers du vin, je voyais ce concours comme une occasion de faire le point sur mon parcours et de mesurer le chemin parcouru. Le vin est un métier où l’on apprend tous les jours, et je trouvais stimulant de me confronter à un exercice aussi exigeant.
Aujourd’hui, ma motivation a évolué. Être sélectionné pour les phases finales est non seulement une immense fierté, mais aussi une responsabilité. J’ai envie de me dépasser, de représenter au mieux mon métier et de montrer que la passion, la curiosité et le travail peuvent encore ouvrir de belles portes après vingt ans de carrière.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est avant tout quelqu’un qui sait écouter.
Il doit comprendre les attentes de ses clients, leurs goûts, leur personnalité et l’occasion pour laquelle ils recherchent une bouteille. Son rôle est de les accompagner avec sincérité et de leur proposer des vins offrant le meilleur rapport entre le prix et le plaisir.
Un bon caviste est également un professionnel de terrain. Il va à la rencontre des vignerons, découvre les terroirs, comprend les pratiques et les philosophies de chacun. Il est le trait d’union entre le producteur et le consommateur, capable de retransmettre avec justesse l’histoire d’un domaine, d’un vin et des hommes qui le façonnent.
Enfin, c’est un commerçant passionné, curieux et généreux dans le partage de ses connaissances.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’ai eu la chance de vivre des expériences extraordinaires : des voyages dans les vignobles chiliens, argentins et portugais, des rencontres inoubliables dans de grands domaines français et des moments privilégiés partagés avec des vignerons qui sont devenus des amis.
Pourtant, le souvenir qui reste le plus gravé dans ma mémoire est beaucoup plus simple et profondément humain.
Lors d’une visite au Domaine Mugnier, j’étais accompagné de ma femme et de ma fille, alors âgée de seulement trois mois. Au milieu des caves et des grands vins, voir ce vigneron emblématique interrompre la dégustation pour faire des « gouzi-gouzi » à notre bébé a créé un moment suspendu, plein de tendresse et de sincérité.
Ce souvenir résume à lui seul ce que j’aime dans le vin : au-delà des bouteilles et du prestige, ce sont avant tout des histoires de rencontres et de partage.
Si vous étiez un vin…
Je serais un jéroboam de champagne. Non pas pour le prestige du contenu, mais pour ce qu’il provoque. Un jéroboam n’est jamais ouvert par hasard : il accompagne les grandes joies, les retrouvailles, les moments qui comptent. Comme lui, j’aime rassembler les gens, créer du lien et partager des émotions. Finalement, ce que j’aime dans le vin n’est pas tant ce qu’il y a dans le verre que ce qui se passe autour de la bouteille.
Si vous étiez un spiritueux…
La liqueur d’abricot de chez Roulot. Ce choix est avant tout affectif. Bien sûr, c’est un produit d’une grande finesse, avec un équilibre remarquable entre gourmandise et fraîcheur. Mais ce qui me touche surtout, c’est tout ce qu’il représente. Chaque fois que j’en déguste un verre, je repense à des repas de famille, à des soirées entre amis, à des moments simples mais précieux. Pour moi, cette liqueur est la preuve qu’une bouteille peut être bien plus qu’un produit : elle peut devenir un souvenir.
Si vous n’étiez pas caviste…
Probablement paysagiste. J’ai toujours été attiré par le végétal, le travail de la terre et le rythme des saisons. J’aime observer comment la nature évolue, comprendre les équilibres qui la composent et participer à sa mise en valeur. Finalement, ce n’est peut-être pas si éloigné du métier de caviste : dans les deux cas, il s’agit d’une histoire de terroir, de patience et de respect du vivant.
Nicolas Lecomte (La Vignery, Villabé)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Après une expérience dans les restaurants parisiens en tant que sommelier, j’ai fait le choix de changer de rythme de vie en gardant toujours un lien avec ma passion, le vin. J’ai donc intégré La Vignery pour découvrir un nouveau métier, celui de caviste.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
J’y cherche un moyen de repousser mes limites tout en continuant à apprendre. C’est aussi un lieu de partage entre passionnés et professionnels qui me permet de rester au fait de l’actualité du monde des vins et spiritueux.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste doit être à l’écoute de ses clients, proposer des références connues comme de belles découvertes. Il doit savoir partager sa passion à tout type de public sans être envahissant. Il doit incarner le commerce de proximité.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Les fêtes de fin d’année au sein de mon entreprise sont un souvenir marquant. Elles sont toujours un moment propice à la vente, aux conseils, avec un rythme soutenu. Elles permettent de rencontrer des profils de clients variés et de créer de beaux moments de partage où c’est un plaisir de conseiller durant cette période unique de l’année.
Si vous étiez un vin…
Ce serait un condrieu Georges Vernay « Coteau de Vernon », comme l’adversité qu’a connue ce terroir.
Ce serait un cornas d’Auguste Clape, originaire d’Ardèche également. J’aime prendre mon temps pour façonner mes idées et mes projets. Je sais que les choses ne se font pas en un jour, à l’exemple de ce vin qui doit prendre son temps pour se révéler.
Si vous étiez un spiritueux…
Un bas-armagnac 1998 de la Maison Darroze, mon année de naissance. J’aime particulièrement cette appellation, les traditions qu’elle véhicule et l’attachement de ce domaine aux si beaux terroirs d’armagnac.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je pense que je serais resté sommelier. J’aurais expérimenté ce métier à l’étranger, car j’aime particulièrement les vins qui proviennent d’au-delà de nos frontières.
Philippe Errot (Intercaves, Marly)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis caviste depuis 10 ans (et je fête cet anniversaire en novembre, juste après le concours !) Passionné de vins depuis toujours, j’ai suivi des études d’ingénieur agronome qui m’ont naturellement orienté vers ce secteur. J’ai commencé comme responsable qualité en cave coopérative, puis en grande distribution, avant de devenir acheteur vins et champagnes pour de grandes enseignes de distribution. C’est une rencontre, celle de ma future femme, et une mutation dans le Nord qui ont tout changé : à 40 ans, j’ai sauté le pas et ouvert ma cave à Marly, près de Valenciennes. Une envie qui me poursuivait depuis longtemps.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je participe aux épreuves de présélection depuis mes débuts et c’est la troisième année consécutive que je me qualifie pour les phases finales. Ce concours me permet de me challenger, de me remettre en question et de me mesurer à mes pairs. C’est aussi, à mes yeux, un formidable vecteur de promotion pour notre profession.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est avant tout une personne passionnée, qui a le plaisir de transmettre cette passion. Je me considère comme un passeur d’histoires et d’émotion.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a plusieurs, mais voici celui qui résume le mieux qui je suis : je me suis marié il y a deux ans, et je n’ai pas pu m’empêcher d’organiser une master class vins et fromages pour mes invités… le jour même de mon mariage. Je ne décroche jamais, et les invités étaient conquis !
Ce métier m’a aussi offert des moments exceptionnels sur le terrain : récemment, une visite sur l’île d’Arran, en Écosse, expérience unique ! Ou encore une dégustation privée de Cristal Roederer directement dans les caves de la maison. Des instants privilégiés que seule cette profession peut offrir.
Si vous étiez un vin…
Le crozes-hermitage Clos des Grives du Domaine Combier, la quintessence de la syrah, selon moi.
Si vous étiez un spiritueux…
Hazelburn, sans hésiter ! Un whisky écossais de la région de Campbeltown. À la fois doux et complexe, un bel équilibre.
Si vous n’étiez pas caviste…
Passionné de vins et de voyages, je me serais bien vu voyagiste et, pourquoi pas, spécialisé dans les voyages œnotouristiques. Finalement, pas si loin !
Édouard Chauvin (Intercaves, Cosne-sur-Loire)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
« J’ai vu de la lumière… » Le métier de caviste est une seconde vie, la première était consacrée à la défense en tant qu’avocat. Cette bifurcation correspond à un alignement profond avec la volonté de transmettre, à travers le produit, une histoire, des gens, des lieux et des goûts.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
« Oublie que tu n’as aucune chance, vas-y fonce… » Ni pour briller ni pour me rassurer, ma participation vise essentiellement à apprendre et aller à la rencontre des plus passionnés pour continuer d’améliorer l’expérience proposée à nos clients. Et aussi, je l’admets, dans l’espoir de bien rigoler.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
De mon point de vue, le bon caviste est un « passeur », l’homme ou la femme d’une rencontre, sans cesse renouvelée, entre un produit, ceux qui l’ont révélé et façonné, et le client-consommateur. Il privilégie naturellement l’écoute et ne propose jamais ce qu’il n’accepterait pas pour lui-même.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon expérience du métier apparaît assez brève comparée à celle d’autres candidats. Mon expérience la plus marquante est incontestablement la première fois qu’un client est revenu spécialement pour me remercier de l’avoir guidé vers une bouteille de vin qu’il avait particulièrement appréciée.
Si vous étiez un vin…
Je pense à un vosne-romanée, peut-être La Croix Rameau du Domaine François Lamarche, qui se révèle profond, mais sans lourdeur, intellectuel et charnel à la fois, qui demande du temps pour être compris parce qu’il se présente toujours avec retenue au dégustateur. (J’avais préalablement posé cette question à ma compagne, pensant pouvoir sereinement m’affirmer en tant qu’etna-rosso, mais je l’ai vue très dubitative… che peccato!) [« quelle déception ! », ndlr].
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum agricole vieux, élevé longuement et embouteillé à son degré naturel ; peut-être A1710 Confessions, qui dévoile une personnalité émotive et exigeante.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais pianiste-concertiste.
Pierre Leleu (Maison Liquide, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Après un parcours de plusieurs années en sommellerie en restauration étoilée, je souhaitais pouvoir transmettre et apporter mon conseil à nos clients au quotidien, les accompagner pour les plaisirs de tous les jours comme pour les grands événements de leurs vies.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
C’est avant tout pour me challenger, aller toujours plus loin dans mes connaissances et l’exigence de ce métier afin de pouvoir apporter encore plus d’expérience à notre clientèle.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
C’est une personne qui saura s’adapter à sa clientèle, que ce soit en fonction du budget ou du goût et du profil qu’ils recherchent. La personnalisation !
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a beaucoup, mais le premier, je dirais que c’était au début de l’aventure de la boutique, lorsqu’un client m’a confié la sélection de vins et le service pour son départ en retraite. Un client épicurien dont le but était de surprendre et faire plaisir à ses 300 invités. Un joli challenge qui mêlait à la fois le fait d’étonner et de régaler ses convives tout en assurant un défi logistique.
Si vous étiez un vin…
Un hermitage rouge.
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky.
Si vous n’étiez pas caviste…
Cuisinier.
Éric Fevre (Millésimes et Saveurs, Reims)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
J’ai choisi de devenir caviste par passion pour l’univers du vin.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
L’envie de me jauger par rapport à mes collègues et, surtout, de me remettre en question, en particulier en termes de connaissances. Le CMCF est un formidable aiguillon pour apprendre. Cela permet de rencontrer d’autres cavistes, de partager des bons moments et d’échanger sur les problématiques de notre métier.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Quelqu’un qui est à l’écoute de ses clients et fait le maximum pour les satisfaire.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
En choisir un est très difficile. Globalement, c’est de voir des clients heureux pour les moments de partage après une soirée dégustation. Sinon, mes deux podiums au CMCF.
Si vous étiez un vin…
Un bourgogne rouge de la côte de Nuits.
Si vous étiez un spiritueux…
Un cognac XO.
Si vous n’étiez pas caviste…
Certainement dans le monde du vin.
Pierre-Emmanuel Feillens (Guyot, Viriat)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Comme pas mal de cavistes aujourd’hui, je ne suis pas issu d’une formation œnologique ou hôtelière. D’abord technicien en électromécanique pendant 10 ans, c’est en 2017, après un voyage d’un an autour du monde avec ma compagne, que j’ai décidé de changer de vie et de chercher quelque chose qui serait plus en adéquation avec mes valeurs. Élevé dans l’amour de la gastronomie et des produits du terroir, et passionné par le vin, c’est tout naturellement que je me suis orienté vers ce métier dont je ne changerais aujourd’hui pour rien au monde.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
S’il y a bien un métier dans lequel on apprend toute sa vie, c’est le nôtre, et c’est ce qui fait tout son intérêt !
C’est pour cela qu’il est important de sortir de sa zone de confort pour élargir ses connaissances, c’est justement ce que permettent les concours.
J’avais notamment participé au concours des Meilleurs Vandbistes de France en 2021 et j’en garde un très bon souvenir. J’y avais appris beaucoup de choses et m’étais bien amusé.
Et puis, il faut bien qu’il y ait quelques outsiders pour ajouter un peu de piment à la compétition…
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Dans un marché largement dominé par la grande distribution, il est indispensable de renvoyer une image du caviste accessible, aussi bien au niveau des prix que du discours.
Pour moi, le bon caviste est d’abord celui qui cerne précisément un besoin et qui propose la bonne bouteille en adaptant le niveau des conseils à chaque personne.
Ensuite, lorsque l’on a la confiance du client et que l’on connaît bien ses goûts, on peut s’amuser et l’emmener sur toutes sortes de choses, même sur des budgets plus élevés.
Établir une relation à long terme avec nos clients, c’est pour moi le cœur de notre métier.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Outre les moments privilégiés et les visites auxquelles nous sommes invités en tant que cavistes (j’ai notamment un souvenir exceptionnel d’un séjour chez Glenturret, en Écosse), le souvenir le plus marquant reste l’ouverture de ma boutique en 2021, après des mois passés à rencontrer les vignerons et les distributeurs de spiritueux pour goûter et sélectionner la gamme. Même si j’ai dû me résoudre à la fermer trois ans plus tard, cela reste l’expérience professionnelle la plus marquante de ma vie.
Si vous étiez un vin…
Je dirais un bandol rouge du Château de Pibarnon. Trop dur dans sa jeunesse, mais qui atteint son équilibre avec les années.
Si vous étiez un spiritueux…
Un mezcal, à la fois classique et surprenant avec son côté fumé.
Si vous n’étiez pas caviste…
Au moment de changer de voie, j’ai sérieusement hésité entre caviste et artificier.
On retrouve d’ailleurs dans les feux d’artifice la même volonté que dans le vin, celle d’apporter du plaisir et des émotions aux gens !
Émilie Lecomte (Soif de Terroir, Durtal)
Comment et pourquoi êtes-vous devenue caviste ?
Je dirais que c’est le métier de caviste qui m’a choisie. J’ai commencé ma carrière dans le marketing des vins et spiritueux en France et à l’étranger après des études en langues et commerce. Puis j’ai travaillé dans différentes structures viticoles (maison des vins, château réputé, domaine familial, cave coopérative…), avant de m’installer et de développer des dégustations dans les CHR et chez les particuliers avec un petit portefeuille de vignerons. Les clients ont rapidement voulu acheter du vin en dehors de ces animations. Un an après, la cave Soif de Terroir était née !
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Au départ, ma seule motivation était de découvrir le concours. Maintenant que je suis sélectionnée, j’ai vraiment envie de me challenger et de mettre en lumière les cavistes dits « de campagne ». Vivre les étapes finales sera également l’opportunité de rencontrer des collègues des quatre coins de la France.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Les rencontres humaines sont au cœur du métier de caviste, que ce soit celles avec les vignerons, les brasseurs, les distillateurs ou avec les clients. Un bon caviste est un caviste qui écoute les besoins de son client et sait mettre à profit ses connaissances pour sélectionner le flacon le plus approprié. Un bon caviste va régulièrement « sur le terrain » pour dénicher de nouvelles pépites ou déguster le nouveau millésime. La règle de ma cave est : « Chaque flacon qui se trouve ici a été dégusté. »
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
En retenir un seul me paraît compliqué. Disons que c’est plutôt la somme de petits moments du quotidien qui font de moi une caviste de proximité : avoir des retours positifs après des dîners importants, des mariés conquis par l’accompagnement dans les accords mets et vins de leur mariage, le fait d’avoir aujourd’hui la troisième génération d’une même famille ou encore lorsqu’un client décroche son téléphone et chuchote « je suis chez Émilie » au lieu de dire « je suis chez la caviste ». C’est aussi avoir la chance d’aller dans les domaines et de rencontrer des personnes passionnées. Avec certaines, j’ai même des relations qui dépassent le cadre professionnel.
Si vous étiez un vin…
Une belle bulle, crémant ou champagne, pour célébrer un moment festif !
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky bien tourbé, de ceux qu’on déguste au coin du feu…
Si vous n’étiez pas caviste…
Dans l’univers des vins et spiritueux ! J’étais déjà passionnée par ce milieu avant d’être caviste, alors je me serais orientée vers un métier me permettant de mettre en avant un savoir-faire, dans l’œnotourisme-spiritourisme ou en tant que brand ambassador. Sachant que, parallèlement à la cave, j’interviens en formation auprès des CQP caviste et je développe ma propre marque de whisky, donc je ne manque pas de casquettes !
Sébastien Estivie (La Vignery, Servon)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
C’est au sein de Sup’ de Coteaux, l’association d’œnologie d’emlyon business school, que s’est révélée ma passion pour le vin. Cet intérêt m’a ouvert les portes de stages dans des caves à vins au Japon, puis en Nouvelle-Zélande, des expériences fondatrices de mon parcours. Après plus de vingt ans d’expérience dans l’univers du vin, en France comme à l’international, l’alliance de cette passion toujours intacte et de mon esprit entrepreneurial m’a naturellement conduit vers l’enseigne La Vignery où je suis devenu gérant de la cave de Servon en 2025.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le goût de la compétition, l’envie d’approfondir mes connaissances, de faire de nouvelles rencontres et l’ambition de développer le chiffre d’affaires de ma cave en cas de classement honorable, m’ont motivé à m’inscrire au CMCF.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Une personne qui sait non seulement identifier les besoins de ses clients et y répondre avec justesse, mais aussi accorder de l’importance aux mille et un détails qui rendent l’expérience client véritablement mémorable.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Ma première vente en japonais d’un grand cru bordelais dans une cave à vins à Hiroshima, où j’effectuais mon premier stage d’école de commerce en 2001.
Si vous étiez un vin…
Un champagne Krug pour son caractère résolument non conformiste.
Si vous étiez un spiritueux…
Une eau-de-vie de framboise, pour son profil généreux et gourmand.
Si vous n’étiez pas caviste…
Ambassadeur ou commercial dans l’univers des vins, spiritueux et cigares, afin de continuer à transmettre ma passion et découvrir de nouveaux produits et de nouvelles personnes passionnées et inspirantes.
Maxime Paon (Hopla Vins, Munster)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste par passion du vin, et surtout par passion des rencontres et du partage. Ce qui m’a toujours attiré dans cet univers, c’est la richesse humaine qu’il représente : derrière chaque bouteille, il y a une histoire, un terroir, une famille, un savoir-faire. Après plusieurs expériences dans le milieu de la restauration en tant que sommelier, j’ai eu envie de donner davantage de sens à mon métier en travaillant pour moi-même, et de transmettre ma passion au quotidien à mes clients.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Participer au concours du Meilleur Caviste de France représente pour moi un véritable défi personnel et professionnel. C’est l’occasion de mesurer mes connaissances, de sortir de ma zone de confort et de continuer à apprendre. C’est également une manière de valoriser le métier de caviste, qui demande aujourd’hui des compétences très variées : conseil, dégustation, accords mets et vins, gestion, communication et connaissance approfondie des vins et spiritueux.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste n’est pas seulement quelqu’un qui connaît les vins, c’est avant tout une personne qui sait écouter. Comprendre les attentes d’un client, ses goûts, son budget, l’occasion pour laquelle il recherche une bouteille est essentiel. Un bon caviste doit savoir transmettre simplement sa passion, être curieux, rester humble face à la diversité du monde du vin.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Je n’ai pas forcément un souvenir unique ou spectaculaire qui me vient à l’esprit. En revanche, ce qui me marque le plus au quotidien, c’est la relation que l’on construit avec les clients au fil du temps.
J’ai toujours beaucoup de satisfaction à revoir des clients réguliers revenir à la cave pour échanger sur les bouteilles qu’ils ont découvertes. J’apprécie autant les retours positifs que les critiques constructives, car cela permet de mieux les connaître.
Voir certains clients revenir presque chaque semaine avec l’envie de découvrir de nouveaux domaines, de nouvelles régions ou de nouveaux cépages est particulièrement gratifiant.
Si vous étiez un vin…
Je serais probablement un pic-saint-loup. Un vin à la fois accessible et complexe, généreux, mais toujours porté par la fraîcheur. J’apprécie son équilibre entre convivialité et caractère, ainsi que sa capacité à rassembler lors d’une dégustation.
Si vous étiez un spiritueux…
Je serais sans hésiter un whisky tourbé de la distillerie Torabhaig sur l’île de Skye, en Écosse. C’est une jeune distillerie qui respecte profondément les traditions, tout en apportant sa propre vision. J’apprécie particulièrement l’équilibre de ses whiskies : une tourbe affirmée mais élégante, de la complexité sans excès et une véritable identité de terroir.
Si vous n’étiez pas caviste…
Si je n’étais pas caviste, je pense que je me serais orienté vers les forces de l’ordre. J’ai toujours été attiré par les métiers de terrain, où l’on est au contact des gens et où l’on se sent utile au quotidien. J’admire les valeurs d’engagement, de responsabilité, de rigueur et de service qui caractérisent ces professions.
Benjamin Holvoet (BenjaVin, Le Cannet-des-Maures)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Le métier de caviste, pour moi, a été un choix. La passion du vin, les rencontres avec les femmes et les hommes qui le font, la soif d’apprendre et de comprendre. À 25 ans, j’ai choisi de faire ce métier par conviction. Je me suis formé à l’École des vins à Paris en obtenant le WSET 3. Puis j’ai suivi d’autres formations diplômantes au sein de différentes régions (Bourgogne, Rhône, Champagne…). J’ai beaucoup appris sur le terrain.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le concours, c’est avant tout un challenge personnel. J’aime la compétition, certes, mais ça me permet aussi d’être au courant de tout ce qui se passe dans le monde du vin et des spiritueux. Ça m’oblige à être toujours meilleur, chaque jour, pour mes clients et mes partenaires vignerons. C’est ça le plus important !
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est quelqu’un qui va savoir transmettre et sublimer le travail du vigneron ou du producteur de spiritueux pour le plus grand plaisir de ses clients. En toute humilité, il va pouvoir répondre au besoin de l’amateur comme du néophyte, dans la simplicité et le partage. C’est quelqu’un qui connaît ses fournisseurs, va dans le vignoble et réussit à créer une expérience au sein de sa cave pour devenir incontournable pour ses clients.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’en ai beaucoup, mais un des plus marquants, c’était il y a 4-5 ans, à la période de Noël. Dans la même heure de pointe, je me suis occupé des accords pour la table de Noël d’une mamie qui recevait ses enfants et petits-enfants, ensuite d’une grande personnalité du bassin minier (ancien président du RC Lens), puis d’une ministre de l’époque, d’un couple de jeunes parents et d’un monsieur qui fêtait Noël seul. À ce moment-là, je me suis dit qu’on faisait un beau métier, qu’on faisait un peu partie de la vie de toutes ces personnes, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent.
Si vous étiez un vin…
Un Bonnes Mares du Domaine de la Vougeraie 2009, ma plus belle émotion à ce jour.
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky Irlandais, consensuel, qui plaît à tout le monde. À la fois accessible et complexe.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais triste ! Plus sérieusement, chef à domicile m’aurait plus aussi.
Mathias Lefèvre (La Vignery, Rambouillet)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste un peu par hasard. J’ai postulé dans ma cave en tant que stagiaire lors de mon BTS commerce. Mon père était client de cette cave, aussi ai-je déposé un CV, et le lendemain j’étais pris ! De là, est née ma passion pour le vin, et surtout pour le CLIENT !
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Pour moi, cette participation me permet dans un premier temps de me tester, de savoir où j’en suis : je pars de rien en ne venant pas du monde du vin ou des spiritueux, donc c’est avant tout un challenge personnel.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est avant tout quelqu’un qui sait s’adapter en fonction du client qu’il a en face de lui, c’est de savoir parler facilement aux clients, mais aussi être curieux.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mes expériences les plus marquantes sont de revoir mes clients habitués revenir avec toujours la même confiance aveugle et être ravis de déguster à chaque fois des nouvelles choses. C’est assez marquant de faire partie de leur soirée avec les bouteilles que je leur ai conseillées, toujours une fierté !
Si vous étiez un vin…
Si j’étais un vin, je serais un côte-rôtie, Château d’Ampuis 2001, une syrah tout en délicatesse, du velours !
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky Irlandais, Redbreast 21 ans.
Si vous n’étiez pas caviste, vous seriez ?
Je serais sûrement devenu restaurateur, mais sans grande conviction…
Benoît Trottet (Vins Duvernay, Annemasse)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
À la base, j’ai quitté mon poste de second de sommellerie chez Marc Veyrat courant 2006 et il y avait un CDD disponible chez Vins Duvernay, normalement pour quelques mois en remplacement d’un employé en long arrêt maladie, qui s’est rapidement transformé en CDI suite à la rupture de contrat de la personne que je remplaçais. J’ai voulu m’orienter vers un poste de caviste, d’une part car je voulais rester dans l’esprit de la sommellerie, niveau conseil client et niveau excellence de la sélection comme celle de la cave Vins Duvernay, d’autre part car les horaires, « plus stables » qu’en sommellerie, me permettaient d’avoir – et de construire – une vie de couple et familiale plus simplement. L’histoire dure depuis 20 ans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Pour me prouver que je suis plutôt « bien » qualifié dans l’exercice de mon métier après toutes ces années, continuer à apprendre chaque jour, et aussi, comme quand j’avais gagné le trophée Chapoutier du Meilleur élève sommelier de France, rendre fier les gens que j’aime, notamment mes parents, et montrer à mes enfants que le travail paye, que le bel ouvrage et tirer le niveau vers le haut rendent tout le monde plus heureux autour de soi.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Quelqu’un qui sait accueillir et écouter ses clients, et les comprendre pour bien répondre à leurs goûts et leurs attentes. Quelqu’un avec le sens du commerce et du partage, de l’accueil, qui aime le bien-vivre, le beau et le bon. Cela passe, pour moi, par une sélection ultra-stricte, avec un niveau de dégustation pointu, sans jamais se trahir en cédant à la facilité au bénéfice du profit. L’adaptabilité est aussi, selon moi, un facteur important, car peu de journées se ressemblent.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a tellement ! Malgré les centaines de visites réalisées chez les vignerons au cours de ma carrière, celle au Domaine de la Romanée-Conti, lors d’un passage « improvisé » sans RDV il y a quelques années, m’a particulièrement marqué. Nous étions passés avec monsieur Duvernay saluer rapidement monsieur Noblet, et ce dernier, en train de soutirer les fûts de Romanée-Conti 2009 à la frontale, nous avait fait goûter sur fût, en toute simplicité, autour d’échanges sincères et profonds, qui nous ont permis de comprendre pourquoi ces vins sont si mythiques. Une somme colossale de détails et d’attentions à la vigne et au chai. Un moment suspendu, dans l’un des domaines les plus fermés de la planète, où nous avions partagé des moments humains rares et d’une humilité noble. Goûter la Romanée-Conti 2009 au tastevin plongé directement dans la bassine sous le fût restera, je pense, un moment que peu de personnes du métier auront la chance de connaître. Pour moi, il est gravé à vie.
Si vous étiez un vin…
J’en serais beaucoup ! Difficile et discriminatoire pour de nombreux vignerons de ne pas en citer au moins 50, mais si je ne devais mentionner que quelques-uns de ceux qui m’ont fait le plus vibrer ce serait :
Un riesling Landgeflecht 2015 de Weingut Peter Jakob Kühn en Allemagne, dans le Rheingau : je ne pense pas avoir goûté souvent des vins, tous cépages confondus, d’une telle pureté, allonge, sapidité, complexité et vibration.
Un vosne-romanée 2014 du Domaine Jean-Yves Bizot en côte-de-nuits : la quintessence du pinot noir en vendange entière. Poétique et racé. Stratosphérique !
Un saint-joseph 2010 du Domaine Pierre Gonon : la syrah dans toute sa splendeur florale et épicée, juteuse et harmonieusement équilibrée, avec un grain de tanin « haute couture ».
Si vous étiez un spiritueux…
Même analyse que pour le vin. Ce monde est tellement vaste et riche de saveurs ! En voici trois :
Whisky Brora 35 ans 1977-2013 : certainement le whisky qui m’a le plus marqué de par sa complexité, son harmonie et sa classe. Un bijou. Grandissime !
Rhum de la Barbade Rockley Still 1986-2012, embouteillage Bristol : pour moi le condensé de tout ce qui fait un très grand rhum. Un mix entre le meilleur de la mélasse et du vesou, bien qu’issu uniquement de mélasse. Déconcertant d’accessibilité et étonnant de complexité et de profondeur.
Chartreuse verte Voiron années 1960 : dégustée chez un copain qui avait retrouvé par hasard cette bouteille chez son grand-père. De mémoire, aucun spiritueux ne m’a paru aussi long en bouche que ce nectar. Les plantes dans le meilleur de ce qu’elles peuvent exprimer. Incroyable !
Si vous n’étiez pas caviste…
Je pense que j’aurais un métier en rapport avec le goût et la sélection qualitative des bons produits. Nous avons la chance, en France, d’avoir un patrimoine gastronomique hors norme qui, selon moi, devrait être davantage défendu et mis en valeur par nos dirigeants. J’aurais pu être fromager ou boucher-charcutier aisément, ce sont des corps de métier qui m’intéressent énormément. Et, bien entendu, vigneron, même si je n’ai pas vraiment la main verte. Ça m’aurait passionné de remplir une feuille blanche chaque année.
Marc Pottier (Cave Henri IV, Argentan)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Les hasards de la vie m’ont amené à travailler dans une cave en renfort pour Noël 2017, emploi dont j’ai de très bons souvenirs, même si je ne me voyais en faire une profession à ce moment-là. Puis, d’autres hasards de la vie m’ont ramené vers le vin, moi qui pensais évoluer dans l’événementiel et la communication. C’est donc la formation et le retour chez mon premier employeur caviste qui ont renforcé ma conviction que ce métier était fait pour moi. Le hasard, encore, a fait qu’à la sortie de ma formation, en 2019, je trouve l’établissement que je dirige aujourd’hui, pour me lancer pleinement en tant que caviste et chef d’entreprise à 23 ans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
C’est avant tout un challenge personnel. Me tenir informé et rester sur la vague, c’est important pour pouvoir toujours proposer à mes clients un service de qualité et améliorer ce service dès que nous le pouvons. La connaissance – et donc le conseil – est très importante dans notre métier, il faut être pointu, et de plus en plus, pour conserver sa clientèle, mais aussi pour attirer de nouveaux clients qui viennent ainsi pour notre expertise et notre sélection. C’est également un beau moment pour se jauger par rapport à de nombreux confrères et amis cavistes de France.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Comme évoqué précédemment, si l’expertise est importante, la sélection l’est aussi, ce sont les deux faces d’une même pièce, qu’il faut travailler constamment. Un bon caviste, c’est encore celui qui va connaître ses clients, leurs goûts, dénicher des choses spécialement pour eux, qui va savoir s’adapter à toutes les situations et toujours essayer de conseiller son client au mieux. Une cave est naturellement un lieu de vie, de rencontres… Un bon caviste est aussi là pour créer ces beaux moments de la vie et accompagner ses clients dans ces moments (naissances, mariages, anniversaires… et même les enterrements), créer la rencontre entre les clients et les bouteilles.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Ils sont nombreux, entre les belles rencontres avec les vignerons (souvent avec des dégustations d’anthologie), les grandes amitiés que j’ai maintenant avec certains cavistes aux quatre coins de la France, mais c’est aussi beaucoup de beaux moments à la boutique. Des clients qui sont devenus de vrais amis de cœur, d’autres qui, en peu de temps, m’ont adopté et proposé de venir prendre l’apéro ou m’ont invité à un événement familial, jusqu’à une cliente, récemment, qui était heureuse de venir fêter avec moi la rémission de son cancer et aussi, par la même occasion, l’autorisation du médecin pour boire de nouveau son petit verre de vin hebdomadaire.
Si vous étiez un vin…
Sûrement le champagne pour son côté festif, traditionnel et un peu luxueux aussi, même si finalement très accessible !
Si vous étiez un spiritueux…
Je ne peux pas ne pas répondre le calvados tant j’essaye d’être un ambassadeur à mon niveau pour ce spiritueux d’exception qui mérite bien plus d’attention !
Si vous n’étiez pas caviste…
J’ai déjà d’autres activités en plus de la cave… mais sûrement dans l’événementiel, l’organisation ou la finance.
Vincent Mouterde (Cave Moment Divin, Paris 15e)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Passionné par la gastronomie depuis petit, j’ai vite compris en grandissant qu’un bon repas ne pouvait s’envisager sans une bonne bouteille de vin. Après des études en école de commerce, j’avais la volonté de monter ma boîte et c’est assez naturellement que je me suis tourné vers ma passion du vin pour entreprendre. Après deux ans en tant que responsable de la cave Vaneau dans le 7e arrondissement de Paris, pour apprendre mes gammes et prendre de l’expérience, j’ai monté en avril 2022 la cave Moment Divin à Paris, dans le 15e. Ma volonté était de créer un lieu hybride, à cheval entre la cave, le bar à vins et le lieu de dégustation. Quatre ans plus tard, je suis heureux que la cave soit aujourd’hui reconnue aussi bien pour la qualité de sa sélection que pour son accueil et ses conseils.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
J’ai toujours apprécié les concours, le fait de se jauger et de se challenger avec les meilleurs de notre métier. J’ai aussi la chance de pouvoir, encore cette année, participer au concours du Meilleur Jeune Caviste de France du haut de mes 29 ans. En bref, j’estime que Moment Divin a la bonne légitimité et que j’ai aujourd’hui l’expérience pour participer à ce concours reconnu dans la profession.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Selon moi, un bon caviste c’est avant tout un commerçant à l’écoute de ses clients, capable de connaître leurs goûts et de proposer une offre adaptée et personnalisée. Un bon caviste est aussi maître de sa sélection. Il faut être libre, audacieux et original, ne pas toujours présenter les grandes maisons renommées qui n’ont pas besoin de nous pour être connues. Chez Moment Divin, j’ai toujours voulu mettre en avant des jeunes vignerons, des terroirs méconnus et des vins originaux, aussi bien à emporter que dans nos offres de dégustation. Enfin, un bon caviste n’est pas seulement un vendeur, il doit aussi être un bon chef d’entreprise, savoir maîtriser toutes les facettes du métier, de la compta à la gestion des commandes, en passant par la communication et le développement. En bref, ce métier est complet et, pour être bon, il faut savoir être polyvalent.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’ai un souvenir particulièrement « cool » de la période des JO. C’était la seule année où nous sommes restés ouverts en août depuis la création de la cave et, franchement, c’était super sympa. D’un point de vue business ce n’était pas incroyable, mais il y avait une telle énergie dans la ville, tout le monde avait la banane et les clients étaient particulièrement heureux de nous savoir ouverts. Bref, un très bon souvenir parisien de ces JO 2024.
Si vous étiez un vin…
Je pense que j’irais spontanément sur un vin rouge de Corse, à Sartène. Par exemple, un sciaccarellu infusé du sud de la Corse, que l’on déguste un peu frais avec les potes à l’apéro. J’adore ce cépage et je trouve qu’il appelle tout de suite à un petit apéro entre copains. Ça casse l’image assez élitiste que le vin peut promouvoir et que j’essaye de combattre, sans casser pour autant les traditions.
Si vous étiez un spiritueux…
La chartreuse évidemment ! Le parfait compromis entre traditionalisme et modernité. Une liqueur extraordinaire, faite par des moines depuis des siècles, mais qui a toujours su se réinventer pour vivre dans son temps et s’adapter aux nouvelles méthodes de consommation. J’adore l’histoire de ce spiritueux historique français. Je ne suis pas très objectif car j’en suis fan, et je suis super heureux de pouvoir faire partie des bons clients de la marque.
Si vous n’étiez pas caviste…
Restaurateur, pour sûr ! J’ai d’ailleurs longuement hésité à ouvrir un restaurant avant de me lancer dans l’aventure caviste. Je trouve qu’il n’y a aucun endroit sur terre où je me sens mieux qu’attablé avec de bons copains, un bon verre de vin à la main et une grande marmite fumante au milieu de la table. J’adorerais pouvoir créer un restaurant où cette convivialité et ce bonheur de se réunir seraient au cœur du projet. Un jour peut-être…
Thierry Berson (Atout Vins, Doué-la-Fontaine)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
J’ai commencé jeune en suivant des études de sommellerie. C’est lors d’un stage aux côtés de madame Le Quéré que je me suis découvert une véritable passion pour le vin. J’ai ensuite décidé de prendre le large, direction Londres, pour enrichir mon expérience. J’ai alors travaillé comme chef sommelier dans un restaurant étoilé Michelin auprès de Gordon Ramsay.
Après 10 ans de travail en restauration, j’ai choisi de revenir dans ma région natale, le Val de Loire, avec l’envie d’y construire une vie de famille et d’ouvrir ma cave. Mon vœu a été exaucé et cela fait maintenant 25 ans que nous travaillons en famille au sein de notre cave.
Je souhaitais créer ma propre entreprise afin de proposer un large choix de vins et de spiritueux, aussi bien locaux qu’étrangers. J’ai toujours eu cette envie de partager mes connaissances, c’est pour cela que je fais des initiations « dégustation » ou des animations « bar à vins » régulièrement, qui me permettent de transmettre ma passion. Mon expérience de sommelier me permet, chaque jour, de conseiller des accords mets et vins à mes clients.
Au-delà du produit, c’est avant tout l’aspect humain qui m’anime au quotidien : rencontrer de nouvelles personnes tout en retrouvant les habitués avec lesquels se créent de véritables moments de partage.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je souhaite participer à ce concours avant tout pour me challenger. Dans ma jeunesse, j’ai eu l’opportunité de prendre part à plusieurs compétitions, notamment le concours du Meilleur jeune sommelier du Val de Loire, ainsi que la phase finale du concours Ruinart à Londres.
Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver cette dynamique en me fixant un nouvel objectif. Ce concours représente pour moi une occasion d’actualiser mes connaissances, de découvrir de nouvelles tendances, d’approfondir certains sujets, de consacrer davantage de temps à la lecture et de continuer à nourrir ma passion pour ce métier.
J’y vois également une opportunité de rencontrer et d’échanger avec d’autres cavistes et passionnés du métier.
Enfin, participer à ce concours est un moyen de valoriser mon travail et celui de mon entreprise. J’espère que cette démarche me permettra de gagner en visibilité et de renforcer encore la confiance et la crédibilité que m’accordent mes clients.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est avant tout une personne à l’écoute de ses clients. Il doit savoir comprendre leurs besoins, leurs envies, tout en s’adaptant à leurs attentes et à leur budget.
Un bon caviste doit également offrir un accueil chaleureux et convivial. Il doit être capable de transmettre sa passion, de partager ses connaissances et de rendre l’univers du vin accessible à tous.
La maîtrise des accords mets et vins est également essentielle. Elle permet d’apporter un véritable service de conseil et de proposer les meilleures associations afin de sublimer les repas et les moments de dégustation de la clientèle.
Enfin, un bon caviste doit rester curieux et constamment en quête de nouveautés. Travailler directement auprès des vignerons, se rendre dans les vignobles, déguster et sélectionner chaque vin sont des aspects essentiels du métier. J’ai à cœur de mettre en avant le travail de petits producteurs, souvent moins connus que les grandes appellations mais dont les vins sont tout aussi authentiques, riches et passionnants.
Faire vivre une cave, c’est renouveler régulièrement sa sélection, surprendre ses clients et leur permettre de voyager à travers les terroirs, les appellations et les histoires des producteurs.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
En 25 ans de métier, j’ai accumulé de nombreux souvenirs marquants, mais l’un d’entre eux m’a particulièrement touché.
Un jour, un client est revenu à la cave deux semaines après avoir acheté un vieux millésime de châteauneuf-du-pape. Il m’a expliqué qu’il l’avait dégusté lors d’un repas en famille, et plus particulièrement avec son papa. Quelques jours plus tard, ce dernier est malheureusement décédé. Il est alors revenu me voir pour me remercier, en me confiant que cette bouteille avait été le dernier vin qu’ils avaient partagé. Ce moment de complicité autour d’un bon repas et d’une belle bouteille était devenu un souvenir précieux pour lui, d’autant plus que c’était une bouteille qui comptait beaucoup pour son papa.
Cette histoire, parmi tant d’autres, me rappelle chaque jour que le vin est bien plus qu’un simple produit. Il accompagne les moments importants de la vie, rassemble les générations, crée du lien et favorise le partage.
Si vous étiez un vin…
Je serais un quarts-de-chaume. C’est un vin intemporel, un vin d’Anjou, donc de ma région, qui me tient à cœur. C’est également le vin préféré de mon papa qui, dans sa jeunesse, a travaillé à la mise en bouteille de ce vin.
Si vous étiez un spiritueux…
Si j’étais un spiritueux, je serais une chartreuse verte car, tout simplement, j’aime ça. C’est une liqueur française mythique qui ne laisse pas indifférent.
Si vous n’étiez pas caviste…
Si je n’étais pas caviste, j’aurais aimé être photographe. Sur mon temps libre, en vacances, j’aime capturer les moments, les gens, les passions.
Noé Botton (Intercaves, Villerest)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste parce que je me suis découvert une vraie passion pour le vin. J’aime apprendre sur les produits, échanger avec les clients et faire découvrir de nouvelles bouteilles. C’est mon premier métier et je suis content d’avoir trouvé un domaine qui me plaît autant.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je participe au concours pour me challenger, apprendre et savoir où je me situe par rapport à d’autres professionnels. C’est aussi une belle expérience pour progresser dans mon métier.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
C’est quelqu’un qui connaît ses produits, qui sait écouter ses clients et qui donne des conseils adaptés sans compliquer les choses.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Le fait de voir des clients revenir et demander conseil à nouveau. Cela montre qu’ils ont apprécié l’expérience et qu’ils nous font confiance.
Si vous étiez un vin…
Un champagne, parce que c’est un vin de partage et de convivialité.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum vieux, pour son côté chaleureux et accessible.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais probablement dans un autre métier du commerce ou de la gastronomie.
Julian Pallaruelo (Des Bouchons, Toulouse)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je viens d’une formation en sommellerie, avec un passage par Paris où j’ai vraiment affûté mon regard sur le vin, le monde viticole et culinaire. Et où j’ai fait de nombreuses et magnifiques rencontres dans le monde viticole. À l’époque, les caves n’étaient pas aussi présentes qu’aujourd’hui. Alors, de fil en aiguille, à 24 ans, j’ai monté ma propre cave pour exercer ma passion.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Elles sont d’abord un peu égoïstes : apprendre, apprendre encore, comprendre davantage et rester à jour dans un monde du vin qui évolue sans cesse. Plus on avance, plus on réalise tout ce qu’il reste à découvrir. Ce concours me pousse à ne pas me reposer sur mes acquis, à rester exigeant, curieux. Rester humble, c’est essentiel, parce que cet univers vous rappelle chaque jour qu’on ne sait jamais tout. Et, au fond, plus nos connaissances sont solides, mieux nous pouvons conseiller nos clients, les surprendre et les faire rêver.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est quelqu’un qui écoute avant de parler, qui conseille juste, sans snobisme, et qui sait trouver la bonne bouteille pour la bonne personne. C’est aussi quelqu’un qui aime profondément les clients qui poussent la porte en disant qu’ils n’y connaissent rien. Parce qu’avec eux, tout devient possible : la découverte, la curiosité, le plaisir de goûter, de comprendre, de retenir ce qu’ils ont aimé ! (C’est peut-être aussi comme cela que l’on atténuera le désamour et la peur de certains Français pour le vin et sa complexité.)
Un bon caviste vit ce métier comme une passion. Il ne sera peut-être pas toujours le meilleur vendeur, mais il saura parler de ses bouteilles avec assez d’émotion, de précision et de sincérité pour donner envie de les découvrir. Et surtout, c’est quelqu’un qui va sur le terrain, chez les vignerons, les distillateurs, les brasseurs, les liquoristes… pas seulement pour rapporter des cartons, mais ramener des visages, des lieux, des histoires et un peu d’âme avec chaque bouteille.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Un week-end de janvier, en Champagne, avec ma conjointe. Départ à 5 h du matin, planning carré, journée chargée : une grosse tournée de grands vignerons pour récupérer toutes nos allocations. Et puis, comme souvent dans le vin, rien ne se passe exactement comme prévu. On traîne, on parle, on rigole, on goûte des soleras, des fûts, des vins sur lattes, on dégorge de vieux millésimes… La neige tombe et nous sommes encore dans les vignes de la côte des Bar. Une journée magique. Nous repartons pleins d’optimisme vers 19 h ou 20 h, le coffre rempli à craquer de champagne, avec 4 h 30 de route annoncées. Nous arriverons finalement 9 heures plus tard, à 30 km/h derrière une déneigeuse, sur l’autoroute, sans voir à plus d’un mètre devant nous, garde-boue et bas de caisse défoncés… à se croire sur une map de Mario Kart (et Dieu sait que je suis nul à ce jeu) ! 24 heures chrono en Champagne qui resteront gravées.
Si vous étiez un vin…
Depuis quatre ans, sûrement une magnifique jacquère autour du mont Granier, en Savoie. Un vin franc, sincère et droit. Un vin sans artifice, mais jamais simple. Pour moi, ces bouteilles sont remplies d’émotion, d’histoire et d’Amour avec un grand A.
Elles ont cette élégance discrète des vins qui ne cherchent pas à impressionner, mais qui finissent toujours par toucher.
Si vous étiez un spiritueux…
Même si mon cœur bat pour le gin, je ne peux pas passer à côté d’un armagnac de Ténarèze, cette terre complexe et pleine de caractère. Jeune, il peut être dur, bourru, presque indomptable. Puis, avec le temps (on l’espère) il s’assagit, gagne en profondeur, en élégance, et devient extraordinaire.
Si vous n’étiez pas caviste…
Pour être sincère, avec quelques soucis de santé récents, c’est une question que je me pose parfois. Mais à part la restauration, la cave, le vin et les arts de la table, je ne sais pas faire grand-chose… ou plutôt, je n’ai jamais vraiment eu envie de faire autre chose.
Cette passion est magnifique, mais elle est aussi très prenante, presque chronophage parfois : elle demande du temps, de l’énergie, de l’engagement. Si je devais imaginer une autre voie, j’aimerais transmettre : enseigner la sommellerie ou les métiers des arts de la table.
Matthieu Jacquesson (La Cave Saint Pierre, Mâcon)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste par hasard après le bac. J’avais indiqué un souhait d’étude sup’ qui n’a pas abouti et j’ai atterri dans un BTS vins et spiritueux. Je suis tout de suite tombé amoureux des produits, de l’histoire et du travail derrière chaque bouteille, de la gastronomie… J’ai ensuite enchaîné avec des études de sommellerie. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de reprendre une cave sur Mâcon. C’est comme ça que je suis retourné aux fondamentaux et c’est ce qui me plaît tant.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Mes motivations sont de me challenger, d’approfondir mes connaissances pour mes clients et découvrir de nouvelles choses.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est avant tout quelqu’un de curieux, qui se remet en question en permanence, qui se déplace pour voir les vignerons, les vignobles et les différents producteurs afin de retransmettre le plus fidèlement possible le travail de chacun. C’est aussi quelqu’un de gourmand, qui s’intéresse à la gastronomie et aux accords mets et boissons. Mais c’est aussi un ambassadeur et un acteur de sa région. Il doit connaître les sites touristiques, les restaurants, les événements… pour conseiller ses clients de passage (ou pas). Pour résumer, c’est quelqu’un qui s’intéresse à beaucoup de choses, pas uniquement au vin !
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon souvenir le plus marquant, si je ne dois en garder qu’un, même si c’est difficile, restera une dégustation dans un domaine alsacien où le vigneron nous a fait l’honneur de sortir une bouteille de riesling 1942. Je me souviens parfaitement de ce bleu presque turquoise de la bouteille et de l’émotion lors de la dégustation. Ce n’était pas « juste » un vin, c’était un véritable morceau d’histoire !
Si vous étiez un vin…
Je n’ai pas su répondre à cette question, du coup j’ai consulté quelques amis et voilà ce qu’ils m’ont dit : « Tu serais un côte-rôtie, à la fois riche et élégant, rempli de gourmandise et avec beaucoup de répondant, déjà bon jeune, mais plus tu vieillis et meilleur tu deviens. »
Si vous étiez un spiritueux…
Réponse également de mes amis : un cognac fin et authentique, dans le même esprit que la question sur le vin.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais sûrement dans un métier au contact du client, commerce, restauration…
Pascal Maillart (Vinothèque de Troyes, Troyes)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste après plusieurs expériences comme sommelier en restauration. J’ai fondé ma famille et, pour rester plus facilement auprès d’eux, il est devenu logique d’opter pour des horaires de commerce. J’ai alors eu l’opportunité de travailler à mi-temps chez un caviste qui était en difficulté. J’ai finalement racheté cette cave qui est devenue la Vinothèque de Troyes.
Ma passion pour les vins et les spiritueux n’a fait que grandir au fil des années. Ce métier est très enrichissant culturellement et se renouvelle en permanence.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
La notion d’apprentissage est, pour moi, fondamentale dans ce métier. Pour ne pas rester sur ses acquis et sortir de sa zone de confort, il n’y a rien de mieux qu’un concours.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste doit avoir une exigence de qualité permanente, toujours remettre en question ses sélections. Il doit aussi faire preuve de pragmatisme et de psychologie pour comprendre les demandes de ses clients et savoir les orienter en démocratisant le vin.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Un client passionné est venu faire ses photos de mariage dans mon établissement. J’ai trouvé ça à la fois drôle et très émouvant.
Il y a aussi mes échanges avec Emmanuel Reynaud, un grand monsieur de la viticulture française qui n’a pas hésité trois secondes à me faire confiance pour la commercialisation de ses vins lorsque je l’ai sollicité.
Si vous étiez un vin…
Un châteauneuf-du-pape rouge, généreux, gourmand, avec une touche de fraîcheur. Qui peut être très différent selon les terroirs dans lesquels il évolue.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum de tradition espagnole, doux et épicé, avec une belle rondeur mais sans artifice.
Si vous n’étiez pas caviste…
Éducateur auprès des enfants. La notion de transmission m’a toujours intéressé.
Argan Lanoë (Les Caves du Pélican, Lannion)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
J’ai toujours eu la volonté de travailler autour du vin grâce à mon père et mon oncle qui sont des amateurs de vin. Après mon bac et mon BTS en hôtellerie-restauration, une spécialisation dans le commerce du vin était la suite logique pour moi, et le métier de caviste me permettait de garder ce lien avec la clientèle.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Avoir été en finale au CMCF en 2024 m’a apporté beaucoup de motivation et d’expérience, et surtout la volonté de vouloir participer à l’édition 2026.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est une personne humaine et à l’écoute, qui s’adapte à toutes les demandes et qui est capable de proposer des produits bien sélectionnés dans toutes les gammes de prix.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon moment le plus marquant en tant que caviste est lorsque je suis allé dans le vignoble pour la première fois en tant que professionnel. C’était à Chablis et c’est ce jour-là que j’ai compris que le vin était bien plus qu’un simple produit de consommation, il est le fruit d’un travail difficile qui demande une grande patience. Cela a beaucoup changé mon rapport au vin.
Si vous étiez un vin…
Un vin rouge du Jura à base de trousseau, car ce sont des vins que j’apprécie beaucoup de par leur complexité, leur côté unique et authentique.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum de type jamaïcain, également pour la complexité des arômes ainsi que pour l’équilibre entre la puissance et la finesse.
Si vous n’étiez pas caviste…
Certainement sommelier de par mon parcours scolaire dans l’hôtellerie-restauration.
Benoît Laly (Cave Laly, Autun)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
On peut dire que je suis tombé dans la marmite (ou plutôt dans la cuve) étant petit. 9e génération de la famille dans le monde du vin (six générations de vignerons, puis trois générations de négociants devenus surtout cavistes au fil du temps… à partir des années 1990), j’ai grandi dans cet univers et, depuis tout petit, je souhaitais reprendre l’entreprise familiale. J’aime l’idée de contribuer à la réussite d’instants de vie (des grandes fêtes familiales aux simples soirées entre amis). Le vin et les spiritueux ont cette capacité à graver un instant dans la mémoire, parfois pour toujours.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le début de ma carrière a été marqué par la difficulté à être crédible à moins de 25 ans, aussi bien face aux clients qu’aux vignerons. La cave, fondée par mon grand-père en 1947, est une institution locale à Autun. En passant après mon père sans jamais avoir travaillé à ses côtés (sauf avant mes 18 ans), je devais prouver que j’étais à la hauteur. Je regrettais à ce moment-là qu’il n’y ait pas des étoiles, comme pour les restaurants, permettant de mettre en lumière les meilleurs cavistes, car j’aurais travaillé dur pour prouver que j’étais capable. J’ai, depuis tout petit, le goût de la compétition. C’est donc naturellement que je participe au Concours du Meilleur Caviste de France. Et, finalement, suite à ma première inscription en 2022, alors que je pensais être bon, je me suis rendu compte du chemin qu’il me restait à parcourir pour espérer un jour décrocher le titre. En participant au concours, je sens à quel point je progresse en étant plus précis, plus pointu, plus curieux.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est capable de bien comprendre la demande de ses clients et de savoir y apporter la meilleure des réponses. Si l’événement de notre client s’est bien passé, que tout le monde a apprécié les boissons proposées, que les accords fonctionnaient bien, alors la mission est remplie. C’est être capable d’une grande adaptabilité, entre ceux qui veulent qu’on les fasse rêver, ceux qui veulent qu’on les aide à se projeter et ceux qui veulent des détails techniques. Et, avec l’expérience, c’est aussi savoir, en amont, dénicher les pépites qui feront le bonheur de nos clients.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’en ai deux :
Le 2 août 2005, le premier jour où j’ai ouvert les portes de la cave et que c’était moi le propriétaire… C’était très émouvant, après avoir attendu cet instant toute ma jeunesse (et tracé mon parcours en conséquence).
Le 21 octobre 2024 : mon titre de Caviste d’Argent au Concours du Meilleur Caviste de France. C’était une reconnaissance officielle importante, par mes pairs, de la qualité de mon travail.
Si vous étiez un vin…
Un Clos de Tart. J’aime la puissance et l’élégance de ce vin, sa capacité à marquer un instant. J’aime la rigueur qui s’impose aux équipes du domaine, l’analyse effectuée pour découper ce clos en une multitude de parcelles, le travail de précision – aux vignes comme en cave – pour pouvoir élaborer un tel vin. J’aime l’ambiance qui règne à l’intérieur du clos. J’aime son histoire singulière. Il est à la fois rare et disponible. Une bouteille de Clos de Tart est bonne tout au long de sa vie (jeune, après quelques années ou à l’aube de sa mort.)
Si vous étiez un spiritueux…
Un cognac Grosperrin. Encore une fois, la maison Grosperrin a une histoire singulière, familiale. Et chacune de leurs cuvées raconte aussi sa propre histoire. Chaque flacon est une pépite que le temps, la patience, la précision de la réduction, ont façonnée pour en tirer la quintessence. Un cognac, c’est une pierre que l’on polit, qui se bonifie avec le temps.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais vigneron ! Hahaha…
Sylvain Roche (Les Vins de Sylvain et autres Merveilles, Roanne)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Passionné depuis longtemps par le monde du vin, j’ai réalisé une reconversion en 2009 en suivant la formation de sommelier conseil-caviste à l’Université du vin à Suze-la-Rousse. Cela m’a permis de m’installer comme caviste indépendant dans ma région d’origine, Roanne, en 2011. Mon seul objectif était de vivre de ma passion, ce que j’ai la chance de faire aujourd’hui.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
C’est tout d’abord un défi personnel : essayer d’être le plus compétent possible dans mon métier. C’est également pour le respect de mes clients. En effet, pour répondre au mieux à leurs besoins, il faut maîtriser le sujet. Par ailleurs, l’impact commercial attendu n’est pas négligeable et ce serait, dans le contexte économique actuel, une plus-value incontestable de revendiquer ce titre.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
C’est avant tout un passionné qui doit transmettre cette passion à ses clients et gagner leur confiance en proposant des produits de qualité tout en répondant à leur demande. Cela doit être également un chef d’entreprise (gestionnaire, acheteur, négociateur, vendeur), un formateur auprès de ses salariés, un pédagogue auprès de ses clients…
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
C’est bien évidemment une dégustation. Celle que j’ai pu réaliser grâce à un client qui a eu la gentillesse de m’offrir un sauternes 1922 que j’ai ouvert en famille à Noël 2022. Un instant hors du temps !
Si vous étiez un vin…
Sûrement un très vieux vin liquoreux, d’un équilibre magistral entre sucrosité, acidité, aromatique évoluée et texture veloutée. Je sais, c’est ambitieux !
Si vous étiez un spiritueux…
Un distillat de vin sorti directement de l’alambic. Je pense par exemple à un armagnac blanc sortant encore chaud de la distillation, aromatique et délicat, avec une sensation d’alcool atténuée par la chaleur du produit.
Si vous n’étiez pas caviste…
Si on a le droit d’être prétentieux, peut-être écrivain ou parolier, car j’aime les mots.


