Les 40 présélectionnés
Concours du Meilleur Caviste de France 2026
La phase de présélection s’est terminée le 18 mai, découvrez les 40 cavistes sélectionnés pour les phases finales, qui auront lieu les 25 et 26 octobre 2026 !
ALSACE
Maxime Paon (Hopla Vins, 68 Munster)
Anne Cochepin (Pépites de Vin, 67 Bischwiller)
AQUITAINE
Nicolas Rumeau (Le Bouchon de Maremne, 40 Bénesse-Maremne)
Yannick Chevallier (Cave Codex, 33 Bègles)
Hugo Boyer (Cave des Carmes, 33 Langon)
Anaïs Bouyssie (Au Gré des Vins, 33 Andernos-les-Bains) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
BOURGOGNE
Benoît Laly (Cave Laly, 71 Autun)
Édouard Chauvin (Intercaves, 58 Cosne-sur-Loire)
Matthieu Jacquesson (La Cave Saint Pierre, 71 Mâcon) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
BRETAGNE
Argan Lanoë (Les Caves du Pélican, 22 Lannion) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Vincent Briend (La Cave du Vincin, 56 Vannes)
CHAMPAGNE–ARDENNE
Éric Fevre (Millésimes et Saveurs, 51 Reims)
Pascal Maillart (Vinothèque de Troyes, 10 Troyes)
HAUTS-DE-FRANCE
Maxime Pavageau (La Cave, 59 Wasquehal) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Aurélien Chutaux (Les Vins d’Aurélien, 59 Lille)
Thomas Vanheeckhoet (La Cave, 59 Wasquehal)
Philippe Errot (Intercaves, 59 Marly)
ÎLE-DE-FRANCE (HORS PARIS)
Schon Maharaj (Cémiyon, 78 Saint-Germain-en-Laye)
Sébastien Estivie (La Vignery, 77 Servon)
Mathias Lefèvre (La Vignery, 78 Rambouillet) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Perrine Novat (La Vignery, 78 Rambouillet)
Mathieu Pierantoni (La Vignery, 78 Rambouillet)
Nicolas Lecomte (La Vignery, 91 Villabé) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Adrien Delivré (Vinomancie, 95 Luzarches)
LIMOUSIN
Olivier Leydier (Les Vins d’Olivier, 19 Saint-Pantaléon-de-Larche)
MIDI-PYRÉNÉES
Julian Pallaruelo (Des Bouchons, 31 Toulouse)
NORMANDIE
Marc Pottier (Cave Henri IV, 61 Argentan) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Jean-Claude Bonar (Le Caveau Normand, 14 Ouistreham)
PAYS-DE-LOIRE
Thierry Berson (Atout Vins, 49 Doué-la-Fontaine)
Pierre Leleu (Maison Liquide, 44 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Émilie Lecomte (Soif de Terroir, 49 Durtal)
PARIS
Serge Colin (Le Repaire de Bacchus, Paris 18e)
Vincent Mouterde (Cave Moment Divin, Paris 15e) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
PROVENCE
Benjamin Holvoet (BenjaVin, 83 Le Cannet-des-Maures)
Olivier Marotte (De la Vigne à l’Olivier, 13 Lambesc)
RHÔNE-ALPES
Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, 26 Chabeuil)
Pierre-Emmanuel Feillens (Guyot, 01 Viriat)
Noé Botton (Intercaves, 42 Villerest) – en lice pour le titre de Meilleur Jeune Caviste de France
Sylvain Roche (Les Vins de Sylvain et autres Merveilles, 42 Roanne)
Benoit Trottet (Vins Duvernay, 74 Annemasse)
PORTRAITS
Découvrez les témoignages des candidats sélectionnés pour les phases finales :
Hugo Boyer (Cave des Carmes, Langon)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
C’est un concours de circonstances. J’étais un élève moyen, sans véritable appétence scolaire ni profil suffisamment marqué pour envisager sereinement un cursus général. Je me suis alors tourné vers une excellente école de viticulture œnologie voisine, où des professeurs passionnés m’ont réellement guidé et initié, notamment à travers la dégustation à l’aveugle. Après dix premières années professionnelles orientées vers la production, enrichies par de nombreuses dégustations, j’ai décidé de créer en 2017 un bar à vins dans le centre-ville de Langon. Je l’ai développé pendant sept ans avant de le revendre. Dans le même temps, afin de compléter cette activité, j’ai repris la Cave des Carmes en 2021. Depuis, avec mon associé Rémi, nous y développons une sélection riche, diverse, et surtout authentique.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Parce que j’ai toujours eu l’esprit de compétition, d’abord dans le sport durant ma jeunesse, puis dans mon parcours professionnel. Je suis convaincu que ce type de distinction joue un rôle important dans notre métier : elle permet de gagner en visibilité, de renforcer sa crédibilité, de développer son activité et de créer des liens avec des confrères dont les compétences dépassent largement les nôtres. Au-delà de l’aspect compétitif, ces épreuves rappellent une réalité essentielle : la réussite ne se construit jamais seul. Elles sont aussi une formidable source de motivation. La préparation à ce concours me pousse à approfondir mes connaissances et à réviser bien davantage que je ne l’aurais fait, avec la volonté d’être à la hauteur du prestige et de l’exigence que représente cette épreuve.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est avant tout une personne qui se remet constamment en question. C’est quelqu’un de curieux, d’humble, de passionné et de généreux, qui enrichit chaque jour ses connaissances afin d’offrir un conseil sincère, pertinent et authentique. C’est aussi un professionnel qui prend le temps d’aller à la rencontre des vignerons et producteurs pour comprendre leur travail, leur philosophie et l’histoire de leurs vins, afin de donner du sens à chaque bouteille qu’il propose. Il ne cesse jamais d’apprendre et reste attentif aux attentes de sa clientèle, car la qualité du conseil naît autant de la connaissance du produit que de l’écoute de celui qui le dégustera. Mais pour prospérer, un caviste doit faire preuve de lucidité dans sa gestion, rester en alerte permanente sur les évolutions réglementaires et les nouvelles attentes du marché, afin d’anticiper les changements et assurer la pérennité de son activité face aux contraintes économiques actuelles.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Le retour et la satisfaction de notre clientèle sont une source de motivation quotidienne. Pourtant, s’il est un souvenir de dégustation qui demeure gravé dans ma mémoire, c’est celui vécu à la Bodega Vega Sicilia en 2008, alors que nous n’étions encore que de jeunes dégustateurs. Je me souviens de cet instant où le Valbuena 2005 nous fut servi dans l’immensité d’une salle majestueuse. Dès les premiers arômes, puis à la première gorgée, le vin révéla une profondeur, une intensité et une émotion rares. Ce fut bien plus qu’une grande dégustation : un moment suspendu, où la grandeur du vin se mêla à celle de l’inexpérience que nous cultivions. Un souvenir indélébile, scellé à jamais dans ma mémoire de dégustateur.
Si vous étiez un vin…
C’est une question difficile… Un gamay, pour la spontanéité de son fruit et sa remarquable capacité à révéler l’essence du terroir dont il est issu. C’est un cépage à la fois profond, délicat et gourmand, dont la versatilité me séduit particulièrement. Capable d’accompagner les moments les plus festifs comme les instants de méditation, il sait se montrer accessible tout en offrant une réelle profondeur dans ses expressions les plus abouties. Je pense notamment à la cuvée Chaos de Yann Bertrand, sur le millésime 2019, partagée avec mon père sur une terrasse, à refaire le monde.
Si vous étiez un spiritueux…
Encore une question exigeante tant les émotions procurées par les spiritueux que nous proposons à la cave sont nombreuses et variées. Mon cœur penche toutefois vers une région de production qui m’est chère. Sans doute aussi parce que mon passé dans la production viticole me rend particulièrement sensible aux difficultés que traverse aujourd’hui la filière vin. Je choisirais donc l’armagnac, et plus particulièrement les eaux de-vie de la maison Dartigalongue. J’apprécie le fait que cette maison historique maîtrise son métier avec une grande exigence, tout en conservant l’esprit familial. Les armagnacs qu’elle élabore se distinguent par leur équilibre, leur souplesse, leur densité aromatique et leur grande délicatesse. Je pense notamment à un millésime 1976 dégusté l’an dernier. Ce fut une expérience marquante. Une texture d’une onctuosité extrême, des arômes d’une profondeur fascinante. Un grand moment de dégustation qui rappelle pourquoi l’armagnac demeure l’un des plus grands trésors du patrimoine spiritueux français.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais sans doute producteur de musique. L’univers musical m’a toujours fasciné, et révéler un grand artiste aux oreilles du monde me semblerait aussi gratifiant que de faire découvrir un grand vin, né d’un cépage façonné par son terroir puis sublimé par la main de l’homme. Au fond, ces deux univers se rejoignent : ils racontent une histoire, transmettent une émotion et cherchent à toucher quelque chose de profondément humain. Je crois avoir besoin de nourrir et de stimuler mes sens pour m’épanouir pleinement. C’est dans cette quête permanente de découvertes, d’émotions et de beauté que je trouve mon équilibre.
Aurélien Chutaux (Les vins d'Aurélien, Lille)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste parce que le vin est bien plus qu’une simple boisson. C’est un produit vivant qui raconte une histoire, celle d’un terroir, d’un climat et, surtout, celle des femmes et des hommes qui le façonnent. J’aime cette idée qu’une bouteille puisse créer du lien, susciter une émotion, accompagner un moment important ou simplement un repas entre amis. Être caviste, c’est faire découvrir ces histoires, transmettre une passion et aider chacun à trouver le flacon qui lui conviendra. Au fond, ce qui m’anime, c’est le plaisir du partage. Le vin est un formidable prétexte à la rencontre, à la convivialité et à la découverte. C’est cette dimension humaine qui m’a donné envie d’en faire mon métier.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je souhaite participer au CMCF pour me challenger et sortir de ma zone de confort. Ce concours représente une formidable occasion de mesurer mes connaissances, d’approfondir ma maîtrise du vin et de continuer à apprendre. Il est évident que l’on n’a jamais fini de s’instruire dans le monde du vin. Participer à cette compétition est une façon de nourrir cette curiosité. Il s’agit d’ailleurs de ma cinquième sélection aux phases finales du CMCF. Au-delà du résultat, cette expérience est à chaque fois une superbe opportunité de rencontres et d’échanges avec mes collègues cavistes.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste ne vend pas du vin : il crée des rencontres. Entre une bouteille et une personne, entre le travail d’un vigneron et l’émotion d’un dégustateur. Sa mission est d’écouter, de transmettre et de conseiller avec sincérité.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon plus beau souvenir n’est pas une bouteille exceptionnelle ou une dégustation prestigieuse. C’est quand un client revient quelques jours ou semaines plus tard pour me dire : « Le vin que vous m’avez conseillé était top, on a passé un bon moment. » C’est un bonheur simple, mais c’est sans doute la plus belle récompense du métier. À cet instant, on sait qu’on n’a pas seulement vendu une bouteille, on a contribué à sublimer un moment.
Si vous étiez un vin…
Un magnum, parce que c’est un excellent format à partager.
Si vous étiez un spiritueux…
Un armagnac… je préfère la profondeur à la mode.
Si vous n’étiez pas caviste…
Libraire indépendant : un métier de passion où l’écoute, le conseil et le lien humain sont très importants. Tout comme le métier de caviste.
Pierre Leleu (Maison Liquide, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Après un parcours de plusieurs années en sommellerie en restauration étoilée, je souhaitais pouvoir transmettre et apporter mon conseil à nos clients au quotidien, les accompagner pour les plaisirs de tous les jours comme pour les grands événements de leurs vies.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
C’est avant tout pour me challenger, aller toujours plus loin dans mes connaissances et l’exigence de ce métier afin de pouvoir apporter encore plus d’expérience à notre clientèle.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
C’est une personne qui saura s’adapter à sa clientèle, que ce soit en fonction du budget ou du goût et du profil qu’ils recherchent. La personnalisation !
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a beaucoup, mais le premier, je dirais que c’était au début de l’aventure de la boutique, lorsqu’un client m’a confié la sélection de vins et le service pour son départ en retraite. Un client épicurien dont le but était de surprendre et faire plaisir à ses 300 invités. Un joli challenge qui mêlait à la fois le fait d’étonner et de régaler ses convives tout en assurant un défi logistique.
Si vous étiez un vin…
Un hermitage rouge.
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky.
Si vous n’étiez pas caviste…
Cuisinier.
Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, Chabeuil)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Ma formation initiale ne me prédestinait absolument pas au métier de caviste, et pourtant…
Originaire de Bourgogne, plus précisément de la région chablisienne, j’ai grandi dans une culture du bien vivre : bien manger, bien boire, partager et profiter de moments conviviaux. Très naturellement, je me suis passionné pour le vin et pour tout l’univers qui l’entoure.
Au fil de mes expériences professionnelles, j’ai commencé à créer des clubs de dégustation au sein des différentes entreprises dans lesquelles j’évoluais. J’organisais également des dégustations et des sélections directement chez les vignerons, partout en France. Ce qui n’était au départ qu’une passion a progressivement pris une place de plus en plus importante dans ma vie.
Puis est venu le moment où le monde de l’entreprise ne correspondait plus à mes valeurs. Les méthodes de management et le manque d’humanité que j’y retrouvais m’ont poussé à envisager une reconversion.
En 2008-2009, je décide donc de changer de voie. Je me forme à l’Université du vin en 2009, rédige mon projet et démarre mon activité professionnelle autour du vin en 2010.
À cette époque, je ne souhaitais pas devenir caviste. Mon idée était avant tout d’animer des dégustations pour des particuliers, des associations et des entreprises. L’activité fonctionne rapidement très bien, mais une question revenait sans cesse après les dégustations : « Comment peut-on se procurer les vins dégustés ? »
Petit à petit, je me suis retrouvé entraîné dans une dynamique où il ne suffisait plus seulement de faire découvrir les vins, mais aussi de les proposer à la vente. C’est ainsi qu’est née l’idée d’ouvrir une cave.
Vinothentik ouvrira finalement ses portes en 2011.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le concours du Meilleur Caviste de France représente avant tout un défi personnel. Une manière de me remettre en question, de mesurer mes connaissances, mes compétences et de continuer à progresser dans un métier où l’on n’a jamais fini d’apprendre.
Depuis l’enfance, ma vie a toujours été rythmée par les défis et l’esprit de compétition. Au collège déjà, je participais au concours de mathématiques du meilleur collégien de France. J’ai également connu une période très sportive, du collège jusqu’à la fin du lycée, avec de nombreuses compétitions d’athlétisme, de course à pied et de handball. J’ai toujours eu ce besoin de me confronter aux autres, quel que soit le domaine, non pas uniquement pour gagner, mais surtout pour apprendre, progresser et repousser mes limites.
Le concours du Meilleur Caviste de France s’est donc imposé assez naturellement.
Lorsque je me suis inscrit pour la première fois, en 2014, je n’avais pourtant pas le sentiment d’avoir une réelle légitimité dans le métier. J’étais encore relativement jeune dans la profession et issu d’un parcours atypique, loin des chemins traditionnels du monde du vin. Mais, justement, ce concours représentait pour moi une formidable opportunité de tester mes acquis, de sortir de ma zone de confort et de me mesurer aux meilleurs professionnels du secteur.
Au fil des années, cette aventure est devenue bien plus qu’une compétition. C’est un moteur de progression permanent. Le concours m’oblige à rester curieux, à approfondir sans cesse mes connaissances, non seulement sur les vins, les spiritueux, les terroirs, la gastronomie, mais aussi sur le service, la dégustation et l’ensemble de notre métier de caviste.
C’est aussi une expérience humaine très forte, faite de rencontres, d’échanges et de respect entre passionnés. Participer au CMCF, c’est finalement défendre une certaine vision du métier : celle d’un caviste passionné, exigeant, curieux et profondément engagé dans le partage et la transmission.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est avant tout quelqu’un qui cherche à surprendre. Quelqu’un qui va dénicher des produits peu connus, parfois totalement confidentiels, plutôt que de se contenter des standards que l’on retrouve partout. Un bon caviste reste fidèle à l’ADN de sa sélection et à sa propre vision du goût. Il ne suit pas simplement les tendances ou les étiquettes à la mode : il défend des vins, des spiritueux et des produits auxquels il croit réellement.
Un bon caviste sait proposer des alternatives aux grands noms. Il doit être capable de faire découvrir à ses clients des domaines d’artisans, des vignerons passionnés, des terroirs méconnus et des cuvées qui méritent d’être mises en lumière.
La sélection est essentielle. Un bon caviste choisit lui-même tous les produits qu’il propose, sans exception. Il les déguste, les comprend et les assume pleinement. On ne peut pas défendre sincèrement une bouteille que l’on ne connaît pas.
Mais le métier ne s’arrête pas à la sélection. Un bon caviste doit aussi savoir écouter et comprendre ses clients. Il doit être capable de faire sortir quelqu’un de ses habitudes, de convaincre un amateur exclusif de rosé d’essayer un rouge léger, frais et digeste, ou encore de faire découvrir des styles de vins auxquels le client n’aurait jamais pensé.
Chaque bouteille doit raconter une histoire : celle d’un vigneron, d’un terroir, d’un cépage, d’un millésime ou d’une philosophie de travail. Le rôle du caviste est aussi de transmettre cette histoire et de créer du lien entre le producteur et le consommateur.
Un bon caviste doit également maîtriser les accords mets et vins, qu’ils soient classiques, originaux ou plus audacieux. Il doit pouvoir accompagner aussi bien un repas gastronomique qu’un moment simple entre amis.
Un bon caviste doit aussi savoir faire vivre sa cave. Une cave ne doit pas être uniquement un lieu de vente, mais un lieu d’échange, de découverte et de convivialité. Organiser régulièrement des dégustations, des initiations à la dégustation, des repas accords mets et vins, des rencontres avec les vignerons ou encore des soirées thématiques, permet de créer du lien avec les clients et de transmettre sa passion autrement qu’à travers une simple bouteille.
Mais, être un bon caviste, ce n’est pas uniquement avoir un nez, un palais et des connaissances. C’est aussi être un bon gestionnaire. Il faut savoir maîtriser ses stocks, acheter intelligemment, gérer ses budgets, suivre sa comptabilité et assurer l’équilibre économique de son entreprise. Une belle sélection ne suffit pas si elle n’est pas portée par une gestion saine et cohérente.
Enfin, un bon caviste doit toujours garder en tête la notion de rapport qualité-prix. Il doit pouvoir se dire honnêtement : « Est-ce que moi-même, en tant que client, j’achèterais ce produit au prix auquel je le propose ? » Cette exigence est fondamentale.
Au fond, un bon caviste ne vend pas des étiquettes : il défend des vins, des spiritueux, des produits et surtout les femmes et les hommes qui les élaborent. Il travaille souvent avec des vignerons artisans qui savent faire du vin, mais qui ne sont pas toujours les meilleurs pour le commercialiser. Le caviste devient alors un véritable relais, presque un ambassadeur, de leur travail et de leur passion.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il est très compliqué de répondre à une telle question tant les souvenirs marquants sont nombreux après plus de 16 ans dans ce métier.
Mais ce qui me touche probablement le plus, c’est d’avoir suscité des vocations et changé le regard de certaines personnes sur le vin. À travers les dégustations, les échanges et la transmission, de manière simple, accessible et pédagogique, j’ai eu la chance d’accompagner des personnes qui, au départ, ne connaissaient absolument pas le vin ou avaient beaucoup d’a priori.
Voir aujourd’hui certains de ces passionnés vouloir travailler dans le domaine du vin est sans doute l’une de mes plus grandes fiertés. Cela donne du sens à tout ce travail de transmission et de partage qui, pour moi, est une part essentielle du métier de caviste.
Si vous étiez un vin…
Un chenin de Loire sec sans aucune hésitation, un jasnières en Melchisédech.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum vieux de Guadeloupe de la distillerie Montebello.
Si vous n’étiez pas caviste…
Photographe de reportage.
Nicolas Rumeau (Le Bouchon de Maremne, Bénesse-Maremne)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste pour transmettre et être la parole des vignerons et vigneronnes, et celle de tout ce qui fait plaisir au palais et provoque des rencontres et des conversations pour refaire le monde.
Défendre et mettre en avant le talent, l’histoire, la culture et l’humain de nos artisans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Pour plusieurs choses :
– permettre de faire connaître le travail effectué au Bouchon de Maremne par Matthieu Cambon et l’esprit de ce lieu, de ce qu’il procure aux gens qui y viennent, pas seulement pour acheter une bouteille, mais pour se sentir comme à la maison ;
– s’adapter à la conjoncture actuelle et pérenniser ce fabuleux monde ;
– pour remercier ma famille de leur soutien en m’engageant ;
– par pur plaisir ;
– par passion ;
– pour rendre accessible un monde aux apparences complexes.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un résumé de ce que j’ai pu dire auparavant, mais surtout avoir le sourire, la patience, l’écoute sincère, des compétences d’organisation et de commerce, une fibre créative pour développer l’activité et fidéliser, attirer, être ouvert d’esprit sur le monde d’hier et d’aujourd’hui, être curieux et passionné.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
S’il n’y en avait qu’un seul… Ce sont souvent les moments de partage avec les clients, les collègues et les vignerons.
Allez, un seul, compliqué : une dame d’un certain âge entre dans la cave et la discussion s’installe après quelques minutes de vagabondage entre les rayons. Des souvenirs s’échangent et les générations aussi… Je n’ai plus le souvenir de la bouteille qui est partie ce jour-là, mais du moment.
Si vous étiez un vin…
Un Fonsalette syrah 2001, un souvenir impérissable et une balade de mélancolie à travers la forêt. Un instant suspendu.
Ou plus simplement, un savagnin, ça fait toujours du bien. Ouillé ou non.
Si vous étiez un spiritueux…
Une Chartreuse de Tarragone.
Si vous n’étiez pas caviste…
Ébéniste, océanographe ou garde de parc naturel.
Benoît Trottet (Vins Duvernay, Annemasse)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
À la base, j’ai quitté mon poste de second de sommellerie chez Marc Veyrat courant 2006 et il y avait un CDD disponible chez Vins Duvernay, normalement pour quelques mois en remplacement d’un employé en long arrêt maladie, qui s’est rapidement transformé en CDI suite à la rupture de contrat de la personne que je remplaçais. J’ai voulu m’orienter vers un poste de caviste, d’une part car je voulais rester dans l’esprit de la sommellerie, niveau conseil client et niveau excellence de la sélection comme celle de la cave Vins Duvernay, d’autre part car les horaires, « plus stables » qu’en sommellerie, me permettaient d’avoir – et de construire – une vie de couple et familiale plus simplement. L’histoire dure depuis 20 ans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Pour me prouver que je suis plutôt « bien » qualifié dans l’exercice de mon métier après toutes ces années, continuer à apprendre chaque jour, et aussi, comme quand j’avais gagné le trophée Chapoutier du Meilleur élève sommelier de France, rendre fier les gens que j’aime, notamment mes parents, et montrer à mes enfants que le travail paye, que le bel ouvrage et tirer le niveau vers le haut rendent tout le monde plus heureux autour de soi.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Quelqu’un qui sait accueillir et écouter ses clients, et les comprendre pour bien répondre à leurs goûts et leurs attentes. Quelqu’un avec le sens du commerce et du partage, de l’accueil, qui aime le bien-vivre, le beau et le bon. Cela passe, pour moi, par une sélection ultra-stricte, avec un niveau de dégustation pointu, sans jamais se trahir en cédant à la facilité au bénéfice du profit. L’adaptabilité est aussi, selon moi, un facteur important, car peu de journées se ressemblent.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a tellement ! Malgré les centaines de visites réalisées chez les vignerons au cours de ma carrière, celle au Domaine de la Romanée-Conti, lors d’un passage « improvisé » sans RDV il y a quelques années, m’a particulièrement marqué. Nous étions passés avec monsieur Duvernay saluer rapidement monsieur Noblet, et ce dernier, en train de soutirer les fûts de Romanée-Conti 2009 à la frontale, nous avait fait goûter sur fût, en toute simplicité, autour d’échanges sincères et profonds, qui nous ont permis de comprendre pourquoi ces vins sont si mythiques. Une somme colossale de détails et d’attentions à la vigne et au chai. Un moment suspendu, dans l’un des domaines les plus fermés de la planète, où nous avions partagé des moments humains rares et d’une humilité noble. Goûter la Romanée-Conti 2009 au tastevin plongé directement dans la bassine sous le fût restera, je pense, un moment que peu de personnes du métier auront la chance de connaître. Pour moi, il est gravé à vie.
Si vous étiez un vin…
J’en serais beaucoup ! Difficile et discriminatoire pour de nombreux vignerons de ne pas en citer au moins 50, mais si je ne devais mentionner que quelques-uns de ceux qui m’ont fait le plus vibrer ce serait :
Un riesling Landgeflecht 2015 de Weingut Peter Jakob Kühn en Allemagne, dans le Rheingau : je ne pense pas avoir goûté souvent des vins, tous cépages confondus, d’une telle pureté, allonge, sapidité, complexité et vibration.
Un vosne-romanée 2014 du Domaine Jean-Yves Bizot en côte-de-nuits : la quintessence du pinot noir en vendange entière. Poétique et racé. Stratosphérique !
Un saint-joseph 2010 du Domaine Pierre Gonon : la syrah dans toute sa splendeur florale et épicée, juteuse et harmonieusement équilibrée, avec un grain de tanin « haute couture ».
Si vous étiez un spiritueux…
Même analyse que pour le vin. Ce monde est tellement vaste et riche de saveurs ! En voici trois :
Whisky Brora 35 ans 1977-2013 : certainement le whisky qui m’a le plus marqué de par sa complexité, son harmonie et sa classe. Un bijou. Grandissime !
Rhum de la Barbade Rockley Still 1986-2012, embouteillage Bristol : pour moi le condensé de tout ce qui fait un très grand rhum. Un mix entre le meilleur de la mélasse et du vesou, bien qu’issu uniquement de mélasse. Déconcertant d’accessibilité et étonnant de complexité et de profondeur.
Chartreuse verte Voiron années 1960 : dégustée chez un copain qui avait retrouvé par hasard cette bouteille chez son grand-père. De mémoire, aucun spiritueux ne m’a paru aussi long en bouche que ce nectar. Les plantes dans le meilleur de ce qu’elles peuvent exprimer. Incroyable !
Si vous n’étiez pas caviste…
Je pense que j’aurais un métier en rapport avec le goût et la sélection qualitative des bons produits. Nous avons la chance, en France, d’avoir un patrimoine gastronomique hors norme qui, selon moi, devrait être davantage défendu et mis en valeur par nos dirigeants. J’aurais pu être fromager ou boucher-charcutier aisément, ce sont des corps de métier qui m’intéressent énormément. Et, bien entendu, vigneron, même si je n’ai pas vraiment la main verte. Ça m’aurait passionné de remplir une feuille blanche chaque année.
Jean-Claude Bonar (Le Caveau Normand, Ouistreham)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Après une carrière dans l’industrie automobile (ma première grande passion), je suis devenu caviste par choix il y a un peu moins de 11 ans pour assouvir une autre grande passion que j’avais depuis de nombreuses années pour le vin.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Concourir au CMCF, c’est pour moi un moyen d’être meilleur dans mon métier en enrichissant mes connaissances et en essayant jour après jour de progresser. Rien n’est jamais acquis ! C’est aussi un moyen de me jauger et d’apprendre au contact des autres concurrents.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Être un bon caviste c’est être avenant et souriant, être en mesure de bien conseiller ses clients, être à leur écoute et respecter leur budget.
C’est aussi sélectionner soi-même ses produits, bien les connaître pour pouvoir bien les vendre et, surtout, les apprécier : on ne vend bien que les produits que l’on aime ! C’est tisser des liens avec des producteurs, avec des femmes et des hommes, et être leur ambassadeur auprès des clients. C’est aussi savoir dénicher des pépites pour avoir une offre bien différenciée.
C’est enfin être un bon gestionnaire, car l’affaire doit être rentable.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Ma première participation à l’assemblée générale de la Fédération des cavistes indépendants. Cela s’est déroulé en Champagne, à Épernay. C’est un moment solennel mais aussi très convivial, un moment de partage.
Si vous étiez un vin…
Un châteauneuf-du-pape rouge. À la fois puissant, suave et élégant. Comme la cuvée XXL du Domaine de la Janasse !
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky, un Campbeltown single malt scotch whisky de la distillerie Springbank. La distillerie la plus artisanale d’Écosse, et qui possède sa propre malterie (pour le maltage de l’orge), ce qui n’existe pratiquement plus.
Si vous n’étiez pas caviste…
Ma formation scientifique m’aurait orienté vers le métier d’œnologue, une voie que j’aurais pu choisir si le grand Monsieur du vin, Jean-Michel Cazes, que j’ai eu l’honneur de connaître un peu, ne me l’avait pas déconseillé, car c’est un milieu dans lequel il est difficile de se faire une place.
Philippe Errot (Intercaves, Marly)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis caviste depuis 10 ans (et je fête cet anniversaire en novembre, juste après le concours !) Passionné de vins depuis toujours, j’ai suivi des études d’ingénieur agronome qui m’ont naturellement orienté vers ce secteur. J’ai commencé comme responsable qualité en cave coopérative, puis en grande distribution, avant de devenir acheteur vins et champagnes pour de grandes enseignes de distribution. C’est une rencontre, celle de ma future femme, et une mutation dans le Nord qui ont tout changé : à 40 ans, j’ai sauté le pas et ouvert ma cave à Marly, près de Valenciennes. Une envie qui me poursuivait depuis longtemps.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je participe aux épreuves de présélection depuis mes débuts et c’est la troisième année consécutive que je me qualifie pour les phases finales. Ce concours me permet de me challenger, de me remettre en question et de me mesurer à mes pairs. C’est aussi, à mes yeux, un formidable vecteur de promotion pour notre profession.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est avant tout une personne passionnée, qui a le plaisir de transmettre cette passion. Je me considère comme un passeur d’histoires et d’émotion.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Il y en a plusieurs, mais voici celui qui résume le mieux qui je suis : je me suis marié il y a deux ans, et je n’ai pas pu m’empêcher d’organiser une master class vins et fromages pour mes invités… le jour même de mon mariage. Je ne décroche jamais, et les invités étaient conquis !
Ce métier m’a aussi offert des moments exceptionnels sur le terrain : récemment, une visite sur l’île d’Arran, en Écosse, expérience unique ! Ou encore une dégustation privée de Cristal Roederer directement dans les caves de la maison. Des instants privilégiés que seule cette profession peut offrir.
Si vous étiez un vin…
Le crozes-hermitage Clos des Grives du Domaine Combier, la quintessence de la syrah, selon moi.
Si vous étiez un spiritueux…
Hazelburn, sans hésiter ! Un whisky écossais de la région de Campbeltown. À la fois doux et complexe, un bel équilibre.
Si vous n’étiez pas caviste…
Passionné de vins et de voyages, je me serais bien vu voyagiste et, pourquoi pas, spécialisé dans les voyages œnotouristiques. Finalement, pas si loin !
Pierre-Emmanuel Feillens (Guyot, Viriat)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Comme pas mal de cavistes aujourd’hui, je ne suis pas issu d’une formation œnologique ou hôtelière. D’abord technicien en électromécanique pendant 10 ans, c’est en 2017, après un voyage d’un an autour du monde avec ma compagne, que j’ai décidé de changer de vie et de chercher quelque chose qui serait plus en adéquation avec mes valeurs. Élevé dans l’amour de la gastronomie et des produits du terroir, et passionné par le vin, c’est tout naturellement que je me suis orienté vers ce métier dont je ne changerais aujourd’hui pour rien au monde.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
S’il y a bien un métier dans lequel on apprend toute sa vie, c’est le nôtre, et c’est ce qui fait tout son intérêt !
C’est pour cela qu’il est important de sortir de sa zone de confort pour élargir ses connaissances, c’est justement ce que permettent les concours.
J’avais notamment participé au concours des Meilleurs Vandbistes de France en 2021 et j’en garde un très bon souvenir. J’y avais appris beaucoup de choses et m’étais bien amusé.
Et puis, il faut bien qu’il y ait quelques outsiders pour ajouter un peu de piment à la compétition…
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Dans un marché largement dominé par la grande distribution, il est indispensable de renvoyer une image du caviste accessible, aussi bien au niveau des prix que du discours.
Pour moi, le bon caviste est d’abord celui qui cerne précisément un besoin et qui propose la bonne bouteille en adaptant le niveau des conseils à chaque personne.
Ensuite, lorsque l’on a la confiance du client et que l’on connaît bien ses goûts, on peut s’amuser et l’emmener sur toutes sortes de choses, même sur des budgets plus élevés.
Établir une relation à long terme avec nos clients, c’est pour moi le cœur de notre métier.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Outre les moments privilégiés et les visites auxquelles nous sommes invités en tant que cavistes (j’ai notamment un souvenir exceptionnel d’un séjour chez Glenturret, en Écosse), le souvenir le plus marquant reste l’ouverture de ma boutique en 2021, après des mois passés à rencontrer les vignerons et les distributeurs de spiritueux pour goûter et sélectionner la gamme. Même si j’ai dû me résoudre à la fermer trois ans plus tard, cela reste l’expérience professionnelle la plus marquante de ma vie.
Si vous étiez un vin…
Je dirais un bandol rouge du Château de Pibarnon. Trop dur dans sa jeunesse, mais qui atteint son équilibre avec les années.
Si vous étiez un spiritueux…
Un mezcal, à la fois classique et surprenant avec son côté fumé.
Si vous n’étiez pas caviste…
Au moment de changer de voie, j’ai sérieusement hésité entre caviste et artificier.
On retrouve d’ailleurs dans les feux d’artifice la même volonté que dans le vin, celle d’apporter du plaisir et des émotions aux gens !
Benoît Laly (Cave Laly, Autun)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
On peut dire que je suis tombé dans la marmite (ou plutôt dans la cuve) étant petit. 9e génération de la famille dans le monde du vin (six générations de vignerons, puis trois générations de négociants devenus surtout cavistes au fil du temps… à partir des années 1990), j’ai grandi dans cet univers et, depuis tout petit, je souhaitais reprendre l’entreprise familiale. J’aime l’idée de contribuer à la réussite d’instants de vie (des grandes fêtes familiales aux simples soirées entre amis). Le vin et les spiritueux ont cette capacité à graver un instant dans la mémoire, parfois pour toujours.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le début de ma carrière a été marqué par la difficulté à être crédible à moins de 25 ans, aussi bien face aux clients qu’aux vignerons. La cave, fondée par mon grand-père en 1947, est une institution locale à Autun. En passant après mon père sans jamais avoir travaillé à ses côtés (sauf avant mes 18 ans), je devais prouver que j’étais à la hauteur. Je regrettais à ce moment-là qu’il n’y ait pas des étoiles, comme pour les restaurants, permettant de mettre en lumière les meilleurs cavistes, car j’aurais travaillé dur pour prouver que j’étais capable. J’ai, depuis tout petit, le goût de la compétition. C’est donc naturellement que je participe au Concours du Meilleur Caviste de France. Et, finalement, suite à ma première inscription en 2022, alors que je pensais être bon, je me suis rendu compte du chemin qu’il me restait à parcourir pour espérer un jour décrocher le titre. En participant au concours, je sens à quel point je progresse en étant plus précis, plus pointu, plus curieux.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Pour moi, un bon caviste est capable de bien comprendre la demande de ses clients et de savoir y apporter la meilleure des réponses. Si l’événement de notre client s’est bien passé, que tout le monde a apprécié les boissons proposées, que les accords fonctionnaient bien, alors la mission est remplie. C’est être capable d’une grande adaptabilité, entre ceux qui veulent qu’on les fasse rêver, ceux qui veulent qu’on les aide à se projeter et ceux qui veulent des détails techniques. Et, avec l’expérience, c’est aussi savoir, en amont, dénicher les pépites qui feront le bonheur de nos clients.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’en ai deux :
Le 2 août 2005, le premier jour où j’ai ouvert les portes de la cave et que c’était moi le propriétaire… C’était très émouvant, après avoir attendu cet instant toute ma jeunesse (et tracé mon parcours en conséquence).
Le 21 octobre 2024 : mon titre de Caviste d’Argent au Concours du Meilleur Caviste de France. C’était une reconnaissance officielle importante, par mes pairs, de la qualité de mon travail.
Si vous étiez un vin…
Un Clos de Tart. J’aime la puissance et l’élégance de ce vin, sa capacité à marquer un instant. J’aime la rigueur qui s’impose aux équipes du domaine, l’analyse effectuée pour découper ce clos en une multitude de parcelles, le travail de précision – aux vignes comme en cave – pour pouvoir élaborer un tel vin. J’aime l’ambiance qui règne à l’intérieur du clos. J’aime son histoire singulière. Il est à la fois rare et disponible. Une bouteille de Clos de Tart est bonne tout au long de sa vie (jeune, après quelques années ou à l’aube de sa mort.)
Si vous étiez un spiritueux…
Un cognac Grosperrin. Encore une fois, la maison Grosperrin a une histoire singulière, familiale. Et chacune de leurs cuvées raconte aussi sa propre histoire. Chaque flacon est une pépite que le temps, la patience, la précision de la réduction, ont façonnée pour en tirer la quintessence. Un cognac, c’est une pierre que l’on polit, qui se bonifie avec le temps.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais vigneron ! Hahaha…
Maxime Paon (Hopla Vins, Munster)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste par passion du vin, et surtout par passion des rencontres et du partage. Ce qui m’a toujours attiré dans cet univers, c’est la richesse humaine qu’il représente : derrière chaque bouteille, il y a une histoire, un terroir, une famille, un savoir-faire. Après plusieurs expériences dans le milieu de la restauration en tant que sommelier, j’ai eu envie de donner davantage de sens à mon métier en travaillant pour moi-même, et de transmettre ma passion au quotidien à mes clients.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Participer au concours du Meilleur Caviste de France représente pour moi un véritable défi personnel et professionnel. C’est l’occasion de mesurer mes connaissances, de sortir de ma zone de confort et de continuer à apprendre. C’est également une manière de valoriser le métier de caviste, qui demande aujourd’hui des compétences très variées : conseil, dégustation, accords mets et vins, gestion, communication et connaissance approfondie des vins et spiritueux.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste n’est pas seulement quelqu’un qui connaît les vins, c’est avant tout une personne qui sait écouter. Comprendre les attentes d’un client, ses goûts, son budget, l’occasion pour laquelle il recherche une bouteille est essentiel. Un bon caviste doit savoir transmettre simplement sa passion, être curieux, rester humble face à la diversité du monde du vin.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Je n’ai pas forcément un souvenir unique ou spectaculaire qui me vient à l’esprit. En revanche, ce qui me marque le plus au quotidien, c’est la relation que l’on construit avec les clients au fil du temps.
J’ai toujours beaucoup de satisfaction à revoir des clients réguliers revenir à la cave pour échanger sur les bouteilles qu’ils ont découvertes. J’apprécie autant les retours positifs que les critiques constructives, car cela permet de mieux les connaître.
Voir certains clients revenir presque chaque semaine avec l’envie de découvrir de nouveaux domaines, de nouvelles régions ou de nouveaux cépages est particulièrement gratifiant.
Si vous étiez un vin…
Je serais probablement un pic-saint-loup. Un vin à la fois accessible et complexe, généreux, mais toujours porté par la fraîcheur. J’apprécie son équilibre entre convivialité et caractère, ainsi que sa capacité à rassembler lors d’une dégustation.
Si vous étiez un spiritueux…
Je serais sans hésiter un whisky tourbé de la distillerie Torabhaig sur l’île de Skye, en Écosse. C’est une jeune distillerie qui respecte profondément les traditions, tout en apportant sa propre vision. J’apprécie particulièrement l’équilibre de ses whiskies : une tourbe affirmée mais élégante, de la complexité sans excès et une véritable identité de terroir.
Si vous n’étiez pas caviste…
Si je n’étais pas caviste, je pense que je me serais orienté vers les forces de l’ordre. J’ai toujours été attiré par les métiers de terrain, où l’on est au contact des gens et où l’on se sent utile au quotidien. J’admire les valeurs d’engagement, de responsabilité, de rigueur et de service qui caractérisent ces professions.
Marc Pottier (Cave Henri IV, Argentan)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Les hasards de la vie m’ont amené à travailler dans une cave en renfort pour Noël 2017, emploi dont j’ai de très bons souvenirs, même si je ne me voyais en faire une profession à ce moment-là. Puis, d’autres hasards de la vie m’ont ramené vers le vin, moi qui pensais évoluer dans l’événementiel et la communication. C’est donc la formation et le retour chez mon premier employeur caviste qui ont renforcé ma conviction que ce métier était fait pour moi. Le hasard, encore, a fait qu’à la sortie de ma formation, en 2019, je trouve l’établissement que je dirige aujourd’hui, pour me lancer pleinement en tant que caviste et chef d’entreprise à 23 ans.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
C’est avant tout un challenge personnel. Me tenir informé et rester sur la vague, c’est important pour pouvoir toujours proposer à mes clients un service de qualité et améliorer ce service dès que nous le pouvons. La connaissance – et donc le conseil – est très importante dans notre métier, il faut être pointu, et de plus en plus, pour conserver sa clientèle, mais aussi pour attirer de nouveaux clients qui viennent ainsi pour notre expertise et notre sélection. C’est également un beau moment pour se jauger par rapport à de nombreux confrères et amis cavistes de France.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Comme évoqué précédemment, si l’expertise est importante, la sélection l’est aussi, ce sont les deux faces d’une même pièce, qu’il faut travailler constamment. Un bon caviste, c’est encore celui qui va connaître ses clients, leurs goûts, dénicher des choses spécialement pour eux, qui va savoir s’adapter à toutes les situations et toujours essayer de conseiller son client au mieux. Une cave est naturellement un lieu de vie, de rencontres… Un bon caviste est aussi là pour créer ces beaux moments de la vie et accompagner ses clients dans ces moments (naissances, mariages, anniversaires… et même les enterrements), créer la rencontre entre les clients et les bouteilles.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Ils sont nombreux, entre les belles rencontres avec les vignerons (souvent avec des dégustations d’anthologie), les grandes amitiés que j’ai maintenant avec certains cavistes aux quatre coins de la France, mais c’est aussi beaucoup de beaux moments à la boutique. Des clients qui sont devenus de vrais amis de cœur, d’autres qui, en peu de temps, m’ont adopté et proposé de venir prendre l’apéro ou m’ont invité à un événement familial, jusqu’à une cliente, récemment, qui était heureuse de venir fêter avec moi la rémission de son cancer et aussi, par la même occasion, l’autorisation du médecin pour boire de nouveau son petit verre de vin hebdomadaire.
Si vous étiez un vin…
Sûrement le champagne pour son côté festif, traditionnel et un peu luxueux aussi, même si finalement très accessible !
Si vous étiez un spiritueux…
Je ne peux pas ne pas répondre le calvados tant j’essaye d’être un ambassadeur à mon niveau pour ce spiritueux d’exception qui mérite bien plus d’attention !
Si vous n’étiez pas caviste…
J’ai déjà d’autres activités en plus de la cave… mais sûrement dans l’événementiel, l’organisation ou la finance.
Noé Botton (Intercaves, Villerest)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Je suis devenu caviste parce que je me suis découvert une vraie passion pour le vin. J’aime apprendre sur les produits, échanger avec les clients et faire découvrir de nouvelles bouteilles. C’est mon premier métier et je suis content d’avoir trouvé un domaine qui me plaît autant.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Je participe au concours pour me challenger, apprendre et savoir où je me situe par rapport à d’autres professionnels. C’est aussi une belle expérience pour progresser dans mon métier.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
C’est quelqu’un qui connaît ses produits, qui sait écouter ses clients et qui donne des conseils adaptés sans compliquer les choses.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Le fait de voir des clients revenir et demander conseil à nouveau. Cela montre qu’ils ont apprécié l’expérience et qu’ils nous font confiance.
Si vous étiez un vin…
Un champagne, parce que c’est un vin de partage et de convivialité.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum vieux, pour son côté chaleureux et accessible.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais probablement dans un autre métier du commerce ou de la gastronomie.
Benjamin Holvoet (BenjaVin, Le Cannet-des-Maures)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
Le métier de caviste, pour moi, a été un choix. La passion du vin, les rencontres avec les femmes et les hommes qui le font, la soif d’apprendre et de comprendre. À 25 ans, j’ai choisi de faire ce métier par conviction. Je me suis formé à l’École des vins à Paris en obtenant le WSET 3. Puis j’ai suivi d’autres formations diplômantes au sein de différentes régions (Bourgogne, Rhône, Champagne…). J’ai beaucoup appris sur le terrain.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Le concours, c’est avant tout un challenge personnel. J’aime la compétition, certes, mais ça me permet aussi d’être au courant de tout ce qui se passe dans le monde du vin et des spiritueux. Ça m’oblige à être toujours meilleur, chaque jour, pour mes clients et mes partenaires vignerons. C’est ça le plus important !
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste, c’est quelqu’un qui va savoir transmettre et sublimer le travail du vigneron ou du producteur de spiritueux pour le plus grand plaisir de ses clients. En toute humilité, il va pouvoir répondre au besoin de l’amateur comme du néophyte, dans la simplicité et le partage. C’est quelqu’un qui connaît ses fournisseurs, va dans le vignoble et réussit à créer une expérience au sein de sa cave pour devenir incontournable pour ses clients.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
J’en ai beaucoup, mais un des plus marquants, c’était il y a 4-5 ans, à la période de Noël. Dans la même heure de pointe, je me suis occupé des accords pour la table de Noël d’une mamie qui recevait ses enfants et petits-enfants, ensuite d’une grande personnalité du bassin minier (ancien président du RC Lens), puis d’une ministre de l’époque, d’un couple de jeunes parents et d’un monsieur qui fêtait Noël seul. À ce moment-là, je me suis dit qu’on faisait un beau métier, qu’on faisait un peu partie de la vie de toutes ces personnes, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent.
Si vous étiez un vin…
Un Bonnes Mares du Domaine de la Vougeraie 2009, ma plus belle émotion à ce jour.
Si vous étiez un spiritueux…
Un whisky Irlandais, consensuel, qui plaît à tout le monde. À la fois accessible et complexe.
Si vous n’étiez pas caviste…
Je serais triste ! Plus sérieusement, chef à domicile m’aurait plus aussi.
Argan Lanoë (Les Caves du Pélican, Lannion)
Comment et pourquoi êtes-vous devenu caviste ?
J’ai toujours eu la volonté de travailler autour du vin grâce à mon père et mon oncle qui sont des amateurs de vin. Après mon bac et mon BTS en hôtellerie-restauration, une spécialisation dans le commerce du vin était la suite logique pour moi, et le métier de caviste me permettait de garder ce lien avec la clientèle.
Quelles sont vos motivations pour concourir au CMCF ?
Avoir été en finale au CMCF en 2024 m’a apporté beaucoup de motivation et d’expérience, et surtout la volonté de vouloir participer à l’édition 2026.
Pour vous, qu’est-ce qu’un bon caviste ?
Un bon caviste est une personne humaine et à l’écoute, qui s’adapte à toutes les demandes et qui est capable de proposer des produits bien sélectionnés dans toutes les gammes de prix.
Quel est votre souvenir le plus marquant dans votre expérience de caviste ?
Mon moment le plus marquant en tant que caviste est lorsque je suis allé dans le vignoble pour la première fois en tant que professionnel. C’était à Chablis et c’est ce jour-là que j’ai compris que le vin était bien plus qu’un simple produit de consommation, il est le fruit d’un travail difficile qui demande une grande patience. Cela a beaucoup changé mon rapport au vin.
Si vous étiez un vin…
Un vin rouge du Jura à base de trousseau, car ce sont des vins que j’apprécie beaucoup de par leur complexité, leur côté unique et authentique.
Si vous étiez un spiritueux…
Un rhum de type jamaïcain, également pour la complexité des arômes ainsi que pour l’équilibre entre la puissance et la finesse.
Si vous n’étiez pas caviste…
Certainement sommelier de par mon parcours scolaire dans l’hôtellerie-restauration.


